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Recueil de données mondiales sur l’éducation 2007

Statistiques comparées sur l’éducation dans le monde

Rapport de l’UNESCO

samedi 13 octobre 2007, par FCPE 34


L’analyse du Recueil de données mondiales sur l’éducation (GED) de cette année met l’accent sur le financement de l’éducation et plus particulièrement le financement de l’éducation primaire. Quand les décideurs au niveau national fixent des objectifs pour leurs systèmes d’éducation (par exemple, en élargir l’accès ou en améliorer la qualité), ils doivent tenir compte des ressources nécessaires et évaluer ces objectifs par rapport à d’autres besoins. Ces décideurs se basent, de plus en plus, sur les comparaisons internationales pour déterminer s’ils investissent suffisamment de ressources dans l’éducation et s’ils utilisent ces ressources de manière efficiente et efficace.

Comme l’a déclaré la communauté internationale dans le Cadre d’action de Dakar, « aucun pays réellement désireux d’atteindre les objectifs de l’Éducation pour tous ne devrait voir son action entravée par le manque de ressources » (Forum mondial sur l’éducation, 2000). En réponse à cette déclaration, les gouvernements nationaux, les organisations internationales et les donateurs doivent évaluer l’écart entre les ressources actuellement investies dans l’EPT et celles requises pour réaliser les objectifs fixés. En particulier, les ressources utilisées pour évaluer et comparer les efforts consentis par les gouvernements en vue d’assurer un enseignement primaire universel.

Le rôle du financement public de l’éducation est crucial. Dans la majorité des pays, l’État joue un rôle principal dans la gestion et le financement du système d’éducation. Le financement des établissements d’enseignement, en général, revêt une importance centrale et a fait l’objet de discussions politiques qui ont, ces dernières années, bénéficié d’une attention accrue, notamment les questions de décentralisation et de privatisation.

Dans le cadre de cette analyse, l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU) a recours à un vaste éventail de données et met l’accent sur les informations encore requises pour assurer un meilleur suivi des progrès réalisés et orienter les décisions politiques. Cette étude se penche sur la manière dont les gouvernements investissent dans l’éducation, aussi bien par rapport à leur revenu national qu’en termes de niveaux absolus de dépenses. Elle présente de nouveaux indicateurs d’analyse des niveaux de dépenses entre les différents pays, et plus spécialement en convertissant les dépenses en parités du pouvoir d’achat. Cette méthode permet une meilleure comparabilité entre les pays dans la mesure où elle reflète les structures de prix réelles de l’offre en matière d’éducation dans les différents pays, ce qui n’est pas le cas si l’on utilise les taux de change du marché.

L’analyse conclut que les dépenses mondiales d’éducation sont concentrées dans une poignée de pays plus développés. Par exemple, les États-Unis, où vivent seulement 4 % de la population mondiale âgée de 5 à 25 ans, représentent plus d’un quart du budget mondial total de l’éducation. Les États-Unis dépensent presque autant que l’ensemble des gouvernements des six régions du monde suivantes : les États arabes, l’Europe centrale et orientale, l’Asie centrale, l’Amérique latine et les Caraïbes, l’Asie du Sud et de l’Ouest et l’Afrique subsaharienne. Parallèlement, les gouvernements d’Afrique subsaharienne ne dépensent que 3 % seulement des ressources mondiales de l’éducation pour une population qui représente 15 % de la population 4 d’âge scolaire. Selon les estimations, le budget de l’éducation d’un seul pays comme la France, l’Allemagne ou l’Italie dépasse les dépenses d’éducation de l’ensemble des pays qui forment la région de l’Afrique subsaharienne.

Les inégalités sont encore plus criantes à l’intérieur même des pays et les enfants et les jeunes adultes ne jouissent pas de l’égalité d’accès à l’éducation. Certains enfants ne vont même jamais à l’école. Ces enfants ne bénéficient donc pas du financement public de l’éducation. Si on se base sur les taux d’accès à l’école, dans les pays d’Afrique subsaharienne, un enfant sur trois n’a pas accès à l’école et ne peut donc pas accéder aux ressources publiques de l’éducation. De nombreux autres enfants entrent à l’école, mais l’abandonnent sans avoir terminé leur enseignement primaire. Ces enfants ne bénéficient donc du financement public de l’éducation que quelques années seulement. Par ailleurs, le petit groupe d’étudiants qui poursuivent jusqu’au secondaire ou atteignent l’enseignement supérieur est celui qui tire le plus grand bénéfice des fonds publics consacrés à l’éducation.

Les statistiques financières internationales sont souvent critiquées en raison de leurs problèmes de comparabilité. Même si beaucoup de choses peuvent encore être améliorées, l’ISU a développé des initiatives avec les États membres pour améliorer la qualité de ces données, et ceci plus particulièrement au niveau des dépenses publiques en éducation. L’ISU a fait d’importants efforts pour documenter les données à l’origine des indicateurs financiers et pour identifier les problèmes de définitions. L’ISU s’est également penché sur l’absence de certaines données et sur les domaines qui doivent encore être développés.

L’ISU recueille des données destinées à assurer le suivi des progrès réalisés au niveau des objectifs internationaux en matière d’éducation, notamment l’EPT et les Objectifs du Millénaire pour le développement. L’Institut a entrepris toute une série d’activités dans les pays qui se sont montrés désireux de travailler avec des données nationales à jour, comparables, complètes et fiables. Une série d’ateliers régionaux consacrés aux statistiques sur l’éducation sont par exemple organisés en 2007 pour les statisticiens et décideurs des États membres. Ces changements importants mènent à l’amélioration de la couverture et de la comparabilité des données par la mise en place de normes internationales de mesure.

Ce rapport est accompagné d’une base de données interactive accessible en ligne à l’adresse www.uis.unesco.org/publicati... ou sur CD-ROM (voir la section sur les Ressources en ligne). La base de données contient des indicateurs supplémentaires et des séries temporelles en plus de celles présentées dans la version imprimée du Recueil. Les indicateurs fondamentaux de la base de données en ligne sont régulièrement mis à jour et assurent ainsi un accès aux données internationales les plus récentes disponibles en matière l’éducation.

Hendrik van der Pol
Directeur
Institut de statistique de l’UNESCO


L’Unesco publie ses données mondiales sur l’éducation

Un nouveau rapport de l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU) indique que le budget consacré à l’éducation dans un seul pays du niveau de l’Allemagne, la France, l’Italie ou le Royaume-Uni est supérieur à celui consacré à l’éducation par l’ensemble de la région sub-saharienne du continent africain.

L’édition 2007 du Recueil de données mondiales sur l’éducation propose les dernières statistiques portant sur le domaine de l’éducation - du primaire à l’enseignement supérieur - dans plus de 200 pays.

Cette année, le Recueil accorde une place privilégiée à l’examen du financement de l’éducation et présente une série d’indicateurs permettant de comparer les dispositifs de financement entre les différents pays et par niveaux de formation.

Selon le nouveau rapport, en Afrique sub-saharienne, le budget alloué à l’éducation par les pouvoirs publics ne représente que 2,4 % du budget mondial dans ce secteur. Pourtant, environ 15 % de la population mondiale en âge d’être scolarisée vit dans ces pays.

Au contraire, les États-Unis, où ne vivent que 4 % des enfants et jeunes adultes du monde entier, représentent 28 % du budget mondial consacré à l’éducation. Ce chiffre s’explique avant tout par le grand nombre d’étudiants inscrits dans des établissements universitaires et par le coût relativement élevé de la formation à ce niveau.

En fait, les États-Unis sont les premiers investisseurs dans l’éducation. Le rapport indique en effet que le budget que ce pays consacre au secteur de l’enseignement public est quasiment équivalent à la somme des budgets alloués par les pays de six régions, à savoir les pays arabes, l’Europe centrale et de l’Est, l’Asie centrale, l’Amérique latine et les Caraïbes, l’Asie du Sud et occidentale et l’Afrique sub-saharienne.

L’Asie de l’Est et le Pacifique occupent la deuxième place en termes de part du budget public mondial consacré à l’éducation avec 18 % (derrière la région Amérique du Nord et Europe de l’Ouest).

Cependant, l’investissement public des pays de cette région reste sans commune mesure avec leur part du PIB mondial, qui s’élève à 28 %, ni même avec les 29 % de la population mondiale en âge d’être scolarisée qui vivent dans ces pays.

En Asie du Sud et de l’Ouest, le scénario est tout à fait différent : 7 % du budget de l’éducation dans le monde y est dépensé alors que la région compte 28 % des enfants et jeunes adultes de la planète. La situation est plus équilibrée en Amérique latine et dans les Caraïbes, région qui représente 8 à 9 % du budget mondial consacré à l’éducation, ainsi que de la population en âge d’être scolarisée et du PIB mondial.

Si les crédits publics ne sont que l’une des sources de financement de l’éducation, ils représentent néanmoins la principale d’entre elles.

Cependant, de nombreux pays, en particulier les moins riches, attendent des étudiants et de la communauté qu’ils assument divers coûts liés à l’éducation à travers le règlement de droits de scolarité, l’achat des manuels scolaires et des uniformes, mais aussi la contribution au paiement du salaire des enseignants et la participation aux frais des associations de parents et d’étudiants.

Il convient donc de tenir compte de la part des crédits privés pour évaluer ce qu’un pays investit dans le secteur de l’éducation.

« Le financement par des acteurs privés est souvent mal vu lorsqu’on aborde ces questions, mais il est impératif de faire une distinction entre les différents niveaux de formation, » explique Hendrik van der Pol, directeur de l’ISU. « Un grand nombre de pays, riches comme pauvres, recourent aux fonds privés et aux partenariats pour développer la formation au niveau universitaire. Le défi à relever consiste à garantir l’accès des élèves issus de milieux défavorisés à l’éducation grâce à des dispositifs tels que les bourses ou les prêts sans intérêts. »

« Mais il n’en va pas du tout de même aux niveaux primaire et secondaire pour lesquels se posent de graves questions d’équité » poursuit Hendrik van der Pol. « Les pouvoirs publics doivent-ils se reposer uniquement sur les familles pour que soit respecté le droit humain en vertu duquel chacun doit avoir accès à une formation de base de qualité ? »

La situation de l’Inde illustre parfaitement ce problème. En effet, dans ce pays, les familles assument plus du quart (28 %) du coût de la scolarisation de leurs enfants aux niveaux primaire et secondaire.

Ces frais constituent donc un véritable obstacle à l’éducation pour les enfants issus de familles pauvres. Cependant, les familles n’assument que 14 % du coût des études au niveau universitaire, or celles-ci sont généralement plus accessibles aux étudiants issus de milieux favorisés.

D’après les données exposées dans le rapport, c’est au Nicaragua que la formation coûte le plus aux familles, puisque ces dernières assument quasiment la moitié du coût de l’éducation aux niveaux primaire et secondaire. On constate que la part des fonds privés est également élevée au Chili (31 %), en Indonésie (25 %) et en République démocratique populaire lao (21 %).

« Ce qui est certain, c’est que nous avons besoin de davantage de données, » affirme Hendrik van der Pol. « À l’heure actuelle, pas plus de 60 pays sont en mesure de fournir des chiffres fiables concernant le financement privé de l’éducation. Sans données supplémentaires, nous continuerons de sous-estimer le fardeau considérable que cela représente pour les familles d’envoyer leurs enfants à l’école. »

Commentaires : La Maison des Enseignants

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