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SDO : Suivi de l’Orientation et mise en fiche des décrocheurs

samedi 15 mai 2010, par Jean Fonteray


Il commence à être beaucoup question du fichier SDO.

SDO, pour Suivi De l’Orientation est en fait un module du logiciel SCONET utilisé dans les établissements du secondaire à de multiples fonctions ( gestion des classes, des absences des enseignements, etc.)

Le module SDO doit permettre de suivre la scolarité des élèves, et de « détecter le », « prévenir le », ou « remédier au » décrochage éventuel, pour mieux s’attaquer à la grande difficulté ; de bonnes intentions, donc. Mais comme dit le dicton, l’enfer en est pavé, et les bonnes intentions peuvent parfois être suivies de mauvais effets.

En effet, trois problèmes ce posent à SDO, dores et déjà surnommé « fichier des décrocheurs » :

- en premier lieu, c’est un fichier : certes validé par la CNIL (Commission Informatique et Liberté), un fichier de plus, dont les données pourront être conservées deux ans et, dont la confidentialité qui nous est promise, est toujours plus ou moins « passoire ». La circulaire de rentrée précise bien que, dans l’Éducation Nationale, le « principe de non transmission des informations ne saurait être absolu » : dans des cas « restreints », les informations pourront être transmises au Conseil Général et au Procureur de la République ;
- Ensuite, ce fichier va recenser non seulement les élèves en grande difficulté, mais aussi les « susceptibles de ». C’est du même ressort que la volonté antérieure de ficher dès la maternelle les délinquants en herbe. Stigmatisons, il en restera toujours quelques chose ;
- Enfin, et en dépit de toutes les précautions qui ne manqueront pas d’être prises, ce fichier ne risque-t-il pas de servir de marqueur, car on pourrait y retrouver nombre de primo-arrivants et d’enfants scolarisés de parents en … situation irrégulière. Bien pratique pour localiser les expulsables.

Et à qui fera-t-on croire qu’une mise en fiche d’un élève, pour 2 ans (durée du fichage SDO de l’élève, avant destruction), va aider à lutter contre la grande difficulté ? Encore une fois on pallie au manque de moyens humains par des solutions informatiques.

Que fait-on après la détection et le fichage ? On s’arrête là ou on engage du personnel, conseillers d’orientation-psyschologues, enseignants, surveillants….

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