Accueil du site > Communiqués > Communiqués nationaux > Pour une école qui favorise l’épanouissement des enfants (...)

Pour une école qui favorise l’épanouissement des enfants !

Cahier de doléances des états générEux pour l’enfance - Mai 2010

mardi 13 juillet 2010, par Marcel Ortuno


Voir en ligne : Cahier de doléances des états générEux pour l’enfance - Mai 2010

Aujourd’hui, l’École, où les enfants passent un quart de leurs journées mais autour de laquelle s’organise bien souvent l’intégralité de leur vie, peut être perçue comme « maltraitante » envers eux ou certains d’entre eux.

Que constate-t-on ?

Le manque de plaisir des élèves à l’École, voire l’ennui, et le manque de sens de ce qu’ils apprennent. La pression de l’École, à travers des évaluations trop fréquentes, incompréhensibles dans leurs exigences,et dont l’objectif est de sélectionner les meilleurs en excluant les autres, plutôt que d’amener chaque enfant à progresser et identifier ses réussites. Des rythmes scolaires infernaux dans le premier comme le second degré, imposant même aux enfants des journées plus longues que celles de leurs parents. Des sanctions injustes ou disproportionnées et parfois sans possibilité réelle de se défendre pour l’enfant et ses parents.

Tout ceci générant fatigue, angoisse, stress, agressivité, voire violence... et échec scolaire.

L’École élitiste telle que nous la connaissons a montré ses limites. Elle permet à un peu plus de la moitié d’une classe d’âge de s’en sortir et d’accéder au baccalauréat mais ne permet plus de faire fonctionner l’ascenseur social et n’a pas réussi à atteindre son objectif affiché de 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat (et encore moins celui de 50% au niveau de la licence).

L’École que nous voulons doit s’engager sur des obligations de résultats. Pas tant sur le niveau le plus élevé mais surtout sur le fait de ne laisser personne sur le bord du chemin. Cela implique de s’obliger à amener tous les jeunes à maîtriser effectivement un socle commun de connaissances et de compétences, à développer cette recherche de culture commune pour une société plus solidaire.

Il faudra donc bien choisir entre l’École que nous voulons, qui fait réussir tous les enfants, et celle qui les trie, qui s’intéresse simplement à la moitié d’entre eux parce que seule importe la sortie d’une élite, laissant les autres chercher leur recours à l’extérieur ou les renvoyant désespérément aux réalités sociales d’une société en crise.

Choisir entre l’École que nous voulons, qui adapte ses rythmes à ceux des enfants et celle qui les contraint, quel qu’en soit le prix, à une marche forcée qui approfondit encore la différence entre ceux qui suivent et les autres, qui sont perdus et se sentent abandonnés.

Choisir entre l’École qui fait travailler en groupes, qui prône et met en œuvre une pédagogie différenciée et celle qui garde pour modèle le lycée napoléonien qui se limite à une transmission hypothétique de savoirs obscurs et dépourvus de sens.

Choisir entre l’École qui entend les élèves et en fait des acteurs de leur propre éducation et celle qui les cantonne au mieux au rôle d’auditeur passif mais assidu, sans éveil de son esprit critique.

Choisir entre l’École qui limite le recours aux notes et au redoublement et celle qui choisit de faire marcher les enfants au stress, méprisant l’angoisse qui assaille certains dès le réveil, au risque de multiplier les causes de leurs absences.

Choisir entre l’École que nous voulons, qui inclue chacun, y compris dans son échelle de sanctions, et l’autre, qui exclue les élèves gênants et différents, avec de moins en moins d’espoir de retour vers une scolarité ordinaire.

Il faudra choisir et pour cela abandonner le renvoi systématique de la responsabilité de l’échec à l’élève et sa famille. Il n’y a pas d’élèves absentéistes ni de familles démissionnaires, il y a des enfants en souffrance, à l’École ou chez eux, et des parents qui ne savent plus comment s’en sortir. Il faut les aider, pas leur enfoncer la tête sous l’eau en les excluant ou en leur retirant les moyens de vivre. Il faut une École qui ne fait pas souffrir indûment les élèves, qui les traite avec humanité, avec respect.

C’est l’École qui fera réussir, c’est l’École qu’il faut transformer, pour transformer la société.

L’Inde a choisi. Le 1er avril 2010 y est réellement entré en vigueur le droit à l’éducation pour tous les enfants. Au-delà du droit d’aller à l’École primaire, les autorités indiennes ont décidé que l’École doit désormais être un lieu d’éducation « amical envers les enfants ».

La Convention internationale des droits de l’Enfant, dans son article 29 alinéa 1 stipule que « Les États parties conviennent que l’éducation de l’enfant doit viser à : « Favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités ». Ce n’est pas possible dans une École où des enfants souffrent. »

La FCPE propose :
- une organisation du temps scolaire qui prenne mieux en compte les différents temps de vie des enfants ;
- une pédagogie différenciée qui ait à cœur de faire réussir tous les élèves en donnant du sens aux apprentissages scolaires ;
- une formation professionnelle accrue pour les enseignants, notamment sur la pédagogie et la psychologie de l’enfant et de l’adolescent ;
- une évaluation positive qui valorise les réussites au lieu de pointer les échecs ;
- des mesures éducatives plutôt que répressives lorsque des incidents se produisent ;
- une incitation forte pour que tous les parents aient leur place à l’École.

Répondre à cet article