Lycée Jean Monnet : action "Expression bâillonnée"

mercredi 17 décembre 2008, par Nathalie secrétariat


Merci aux nombreux parents qui se sont déplacés.

Hier lundi 15 décembre à 18 h, entre 70 et 80 professeurs, parents et élèves, un bâillon à la bouche, se sont rassemblés devant les grilles du lycée Monnet pour protester contre l’interdiction signifiée, par les autorités académiques, aux professeurs et aux parents, de se réunir à l’intérieur de l’établissement pour analyser la réforme de la seconde proposée par le ministre. La même action avait lieu au moment au lycée Jules Guesde. La télévision de Montpellier s’était déplacée.

Il s’agissait de mettre en évidence la gravité de l’atteinte au droit d’expression, pourtant reconnu par les textes, dont nous étions victimes et qui donne bien la mesure de l’orientation du pouvoir en place. Il a été d’ailleurs rappelé hier publiquement que la chaîne de responsabilité, qui va de la proviseure du lycée au recteur lui-même, en passant par un inspecteur d’académie qui s’était renié devant nos lycéens l’an passé en faisant intervenir la police contre eux, s’est déjà distinguée à Monnet par l’interdiction qu’ils font à la FCPE de diffuser auprès des parents ses communiqués. Ces gens et le ministre qu’ils représentent se disqualifient par ces atteintes aux droits démocratiques et aucun crédit ne peut être accordé, dans ces conditions, à "leur" réforme.

Par ailleurs le retrait de cette réforme, annoncé dans l’après midi d’hier, signe la force du désaveu que le mouvement lycéen a infligé, malgré la violence policière, à de telles autorités dépourvues de crédit. Mais ne nous y trompons pas, l’adversaire est retors et n’attend que le reflux de la mobilisation des élèves pour resservir sa réforme, agrémentée éventuellement de quelques ravalements cosmétiques. De plus tous les autres clignotants restent au rouge et doivent appeler notre plus grande vigilance : en particulier la perspective de réduction massive des postes de personnels est maintenue alors qu’il est notoire qu’elle se fait au détriment de la scolarité de nos enfants. Les effectifs par classe explosent et souvenons-nous que, dans notre établissement, dix jours de cours ont été perdus pour cause d’incapacité de la direction à organiser à la rentrée des emplois du temps corrects. Rappelons au passage que toutes ces autorités qui se prétendent attachées à la qualité de l’enseignement ne se sont toujours pas émues que les cours perdus, à cette occasion, n’aient à ce jour pas été rattrapés. Et cela, malgré nos protestations en Conseil d’Administration dûment actées dans le procès-verbal adressé au recteur.

Nous appelons les parents, malgrè l’inconvénient bien réel de l’absence de cours que cela occasionne, à comprendre le sens de l’action des élèves : avec leurs moyens et dans un contexte de relative atonie des adultes, ils relèvent le défi de la contestation d’une réforme imposée sans réelle négociation et accompagnée d’un déni des droits démocratiques à l’expression. La responsabilité des cours perdus est bien du côté de ce ministre arrogant hier et reculant piteusement aujourd’hui ! Engageons nous-mêmes avec nos enfants un dialogue, sans démagogie mais avec compréhension, et interrogeons-nous sur la part que nous devons prendre, avec eux et avec les professeurs, dans le refus des coups de force ministériels qui ne manqueront pas de se reproduire.

Soyons attentifs au déroulement de la manifestation nationale que les lycéens maintiennent avec raison jeudi prochain et rejoignons-la pour montrer notre solidarité. Préparons-nous aussi à envisager à la rentrée de janvier notre participation active aux actions qui devront être engagées pour qu’enfin une Education Nationale digne de ce nom devienne une priorité !

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