Accueil du site > Communiqués > Communiqués nationaux > Lettre ouverte au Premier ministre

Lettre ouverte au Premier ministre

Communiqué de presse de la FCPE du 12 mars 2003

mercredi 12 mars 2003, par FCPE 34


Monsieur le Premier Ministre,

Si, par la présente, nous nous permettons de vous importuner c’est qu’il nous semble indispensable de nous adresser au chef du gouvernement pour obtenir des éclaircissements suite aux interrogations que provoquent les propos de l’un de vos Ministres.

En effet, c’est par la presse que nous découvrons les intentions de Monsieur Xavier DARCOS, Ministre délégué, en matière de scolarisation à l’école maternelle. Sous forme de question il trace une perspective qui, jusqu’à présent, n’a fait l’objet d’aucun débat officiel, ni échange avec les partenaires et donc encore moins avec notre fédération.

« Ne faudrait-il pas freiner la scolarisation des enfants de deux ans qui concerne le tiers des élèves du primaire et libérer des emplois pour dédoubler les grandes sections de maternelle ? » peut-on lire comme citation de Monsieur le Ministre (La Croix et Libération du vendredi 7 mars 2003).

Sans tomber dans l’exégèse des propos rapportés, ceux-ci ne manquent pas de surprendre par le nombre annoncé d’enfants de moins de trois ans fréquentant l’école maternelle.

En tout état de cause nous faut-il comprendre que la ligne de votre gouvernement est donc de réduire de façon drastique les effectifs d’enfants en bas âge dont les parents souhaitent qu’ils fréquentent l’école maternelle et ainsi de « récupérer » des postes pour les transférer hypothétiquement au profit d’une autre tranche d’âge ?

Est-ce donc officiellement la politique du « déshabiller Pierre pour habiller Paul » qui prévaut au Ministère de l’Education nationale ?

La scolarisation des enfants à partir de deux ans pour les familles qui en font la demande et les conditions dans lesquelles cette scolarisation doit être mise en œuvre nous semblent mériter mieux qu’une déclaration à l’emporte-pièce au regard des enjeux sociaux, éducatifs…qu’elle constitue pour nombre d’enfants et leur famille.

Enfin, nous ne pouvons croire, Monsieur le Premier Ministre, que cette politique de fermeture de l’école publique aux enfants de moins de trois ans soit la vôtre.

En effet, si nous nous en tenons à votre expérience personnelle, donc à votre choix familial, tel que rapporté par le magazine Elle du 10 février 2003, vous avez scolarisé votre fille à deux ans et demi à l’école privée parce « qu’aucune école maternelle publique ne l’accueillait si jeune ».
Confiant en ce que votre vécu vous guide dans l’orientation de l’action gouvernementale en matière d’éducation, nous vous remercions pour l’attention portée à notre missive et ne doutons pas que la réponse que vous voudrez bien apporter apaisera l’inquiétude de nombreux jeunes parents.

Veuillez croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’assurance de ma haute considération.

Georges DUPON-LAHITTE

Répondre à cet article