Classe prépa accordée à un établissement privé plutôt qu’à un lycée public
Conseil des parents d’élèves FCPE du lycée Joliot-Curie à Sète
vendredi 13 mars 2009
Sète le 10 mars 2009
Monsieur le Député,
Nous avons eu l’année dernière, par deux fois, l’occasion de vous rencontrer pour vous entretenir des difficultés du lycée Joliot-Curie, difficultés liées aux suppressions de postes. De nouveau cette année le lycée est pénalisé par un choix ministériel qui le dessert.
En effet, le lycée a déposé un projet pour l’ouverture d’une classe préparatoire aux grandes écoles ATS (Adaptation Technicien Supérieur) réservée aux élèves issus de BTS ou DUT. Aucune classe CPGE ATS n’existe dans l’académie de Montpellier, la ville de Sète est un site géographiquement bien situé et le lycée dispose de la plupart des équipements nécessaires.
Ce projet porté par l’enthousiasme des équipes pédagogiques permettait de mettre en valeur leur dynamisme et de donner une image novatrice et positive de l’établissement.
Vous n’êtes pas sans savoir que, outre les baccalauréats généraux, technologiques et professionnels, l’établissement forme les élèves du CAP au BTS. L’inspection pédagogique a donné un avis favorable sur le dossier.
Le Ministère de l’Education Nationale a fait le choix d’attribuer cette classe à l’Institut privé Emmanuel d’Alzon de Nîmes (dont les frais de scolarités s’élèvent à 1400 € par an).
Nous sommes choqués de constater qu’un établissement privé, déjà pourvu de 5 classes préparatoires, a été choisi au détriment d’un lycée public. Nous nous interrogeons également sur le fait que le Directeur de cet Institut soit un député de la majorité.
La déception est immense au lycée Joliot-Curie de Sète, qui cherche véritablement à favoriser la réussite de tous les élèves et ce, quelle que soit leur origine sociale. Votre position de Député vous permet d’interroger le Ministre et nous souhaitons savoir quelles sont les raisons qui ont présidé à ce choix car à ce jour aucune explication n’a été fournie sur ce refus. Nous dénonçons une fois de plus cette politique qui tend à affaiblir le service public d’éducation en favorisant ceux qui ont les moyens d’accéder à un enseignement payant.
Dans l’attente, Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Député, l’assurance de notre considération distinguée.
Pour le Conseil local FCPE, La Présidente
Cette lettre a été adressée en copie aux députés et sénateurs de l’Hérault.
Voici la réponse de Raymond Couderc, sénateur-maire de Béziers, le 17 mars 2009 :
Madame la Présidente,
Vous avez bien voulu me faire part de vos inquiétudes sur la politique menée en matière d’Education Nationale et de votre opposition aux réformes Darcos.
J’ai pris bonne note de votre position, mais il y a certaines précisions que je me dois d’apporter.
Les réformes engagées par le Gouvernement depuis un an se font dans le seul objectif d’avoir une école qui permette à tous de réussir.
Pour ce qui est de la réforme de l’école maternelle, le Ministre Xavier DARCOS a réaffirmé la place essentielle de l’école maternelle au sein du système éducatif. L’école maternelle a d’ailleurs été dotée en septembre 2008 de véritables programmes qui remplacent les simples « instructions » en vigueur jusqu’alors et un plan national de formation est mis en place pour les enseignants des maternelles.
L’enseignement primaire a, quant à lui été réformé afin de mieux transmettre les savoirs au plus grand nombre (recentrage des programmes sur les savoirs fondamentaux, évaluation fine des compétences des élèves, suppression des cours du samedi et utilisation des 2 heures libérées pour un soutien scolaire aux enfants en difficulté…).
Concernant la réforme des RASED, elle intervient suite à la constatation que le système existant ne donnait pas entière satisfaction. En effet, encore 15% des enfants quittent l’école primaire en connaissant de graves lacunes dans les domaines de la lecture, de l’écriture et des mathématiques.
Dans le système antérieur, les élèves en difficulté étaient extraits de la classe pour des séances de soutien ; ils n’assistaient pas de ce fait, aux enseignements fondamentaux dispensés en classe pendant ce temps et prenaient ainsi encore plus de retard.
Le Gouvernement réfléchit également sur la réforme du Lycée, afin de permettre aux établissements de mieux s’adapter aux besoins des élèves et aux lycéens de mieux se préparer aux études supérieures.
L’enseignement technologique n’avait quasiment pas évolué depuis 1985 : aussi le Gouvernement a entrepris de le rénover, afin que cette filière soit aussi valorisante que la filière générale ou technologique.
Il est enfin à noter que les « économies » réalisées depuis un an grâce aux suspension de postes ont permis de financer de nouveaux services pour les familles ( stages gratuits de soutien scolaire, accueil des élèves chaque soir de 16h à 18h, stages de langues pour les lycéens).
Ce sont également plusieurs millions d’euros qui ont été injectés dans la revalorisation du pouvoir d’achat des enseignants, par le biais des heures supplémentaires défiscalisées, du versement d’une prime d’entrée dans le métier de 1500€ pour les jeunes professeurs, ou encore d’une proposition de mise en place d’un prêt à taux zéro pour accompagner la mobilité des enseignants.
Comme l’a précisé le Ministre de l’Education, Monsieur Xavier DARCOS, « ce n’est pas être plus nombreux qui compte, c’est être plus efficace ».
Pour toutes ces raisons je considère que ces réformes œuvrent en faveur de notre Education Nationale.
Je vous prie de croire, Madame le Présidente, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Raymond COUDERC
Sénateur de l’Hérault
Avant de répondre, Raymond Couderc aurait dû lire le courrier qui lui était adressé...