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La politique des « pots cassés » !

Déclaration au Conseil Académique de l’Education Nationale du 14 juin 2010 à Montpellier

lundi 14 juin 2010, par Marcel Ortuno


Le Ministre de l’Éducation a pris ses marques avec la réforme du lycée dont le manque évident de moyens décrédibilisait les quelques bonnes intentions. La mise en œuvre de cette réforme augurait déjà mal de la prochaine rentrée scolaire.

Mais la réforme de la formation des enseignants a donné « le » signal de la volonté de destruction du service public d’éducation gratuit, laïque et obligatoire : jamais une telle dégradation du métier d’enseignant qui se fera au détriment des élèves n’avait été constatée.

Cette volonté est confirmée avec un grand cynisme par les derniers documents adressés à tous les recteurs de France : l’École n’est plus un lieu d’apprentissage, c’est maintenant un « gisement ». Un gisement dont il faut extraire tout ce qui peut servir à faire des économies, sans considération aucune ni des élèves, ni des personnels.

C’est toute l’organisation de notre système d’éducation public qui est en péril : conseillers d’orientation psychologue, Réseau d’Aide Spécialisée aux Élèves en Difficulté, maîtres E, personnels administratifs, écoles rurales, … rien n’échappe aux coupes sombres qui se préparent. L’orientation des élèves, le dépistage et la prise en compte de la difficulté scolaire, l’école maternelle, la mission éducative de l’École pour tous les enfants sont mis en question par ces directives.

Jamais des allégations mensongères aussi éhontées n’avaient été émises avec un tel cynisme, qui va jusqu’à prétendre qu’en dépit de toutes les études françaises et internationales sur ce sujet, qu’augmenter le nombre d’élèves dans les classes peut se révéler bénéfique.

Jamais de telles menaces n’ont pesé sur nos écoles rurales, dont la suppression programmée, par exemple, dans le département de l’Hérault avoisinerait les 80 !

Jamais des manœuvres aussi sournoises n’avaient été envisagées pour accélérer le transfert de certaines missions de l’École vers le privé et donc à la charge des parents.

Tout cela pourquoi ?

Pour satisfaire au principe érigé en dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, y compris dans l’Éducation nationale. Pour faire des économies. Sans considération de l’éducation qui forme nos enfants, l’avenir de la France de demain.

Nous n’acceptons pas un raisonnement à courte vue, symbole d’un ministère de l’Éducation nationale qui se situe dans l’instantanéité, sans aucune vision d’avenir. Nous n’acceptons pas que le gouvernement poursuive une politique qui détruit le service public d’éducation et refusons que les enfants en payent les pots cassés.

Nous, Fédérations des Conseils de Parents d’Elèves des écoles publiques de l’Hérault et des Pyrénées Orientales avons décidé de nous coordonner, de prendre ensemble dans la durée toutes les initiatives nécessaires pour donner un autre avenir à la jeunesse de notre pays.

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