B.O. n° 3 du 17 janvier 1963
jeudi 20 juin 1996, par
Circulaire du 12 décembre 1962
Plusieurs circulaires déjà ont souligné l’importance et la valeur de la coopération scolaire dans la formation morale, sociale et civique de l’enfant et de l’adolescent. Il n’est pas d’ailleurs jusqu’à la formation intellectuelle qui n’y trouve un avantage considérable, surtout si, comme il a été réalisé dans un certain nombre d’écoles, les exercices de la classe prennent un caractère coopératif.
Toutes les recommandations antérieures gardent leur valeur et je vous demande de vous y reporter pour vous en inspirer dans vos initiatives.
La formation civique des jeunes, plus particulièrement, est devenue aujourd’hui plus urgente que jamais, surtout si l’on songe que la jeunesse, parfois inquiète et désemparée, a le plus pressant besoin d’être attirée par un idéal qui la conduise à une action généreuse, à la fois utile et belle. Or, en matière d’éducation civique, rien ne vaut pour aboutir à une prise de conscience sociale, la pratique régulière de la coopération scolaire bien conçue.
Les résultats obtenus dans ce domaine depuis quarante ans par la coopération à l’école permettent de recommander ses méthodes. Elles conduisent à la compréhension de la vie d’une société démocratique ; les divers actes qui sont pratiqués à l’occasion de la coopération, élections, discussions en commun, décisions prises à la majorité et respectées de tous, permettent un apprentissage véritable de la vie sociale.
Par sa doctrine, la coopération à l’école est susceptible d’apporter bien davantage encore à nos élèves. Elle fait appel au goût et au sens des responsabilités ; elle favorise l’harmonisation des rapports humains, car, à partir de diverses opinions personnelles, elle apprend à dégager une ligne d’action commune, consentie par tous et acceptée comme règle dans l’intérêt du groupe.
Enfin, les aspirations généreuses proposées par la coopération scolaire incitent chacun des membres à quitter une passivité trop courante pour entreprendre des actions désintéressées d’entraide et de solidarité.
Aussi, ne saurait-on trop insister pour que ces petites coopératives d’élèves se constituent au plus vite, dans le plus grand nombre d’écoles élémentaires, de collèges et de lycées.
En attendant les réunions d’information qui auront lieu à Sèvres et au chef-lieu des diverses académies, je demande instamment aux chefs d’établissement de s’intéresser, dès maintenant à cette formation coopérative dont les avantages éducatifs ne leur auront pas échappé.
Nota.- L’Office central de la coopération, à l’école, 101 bis, rue du Ranelagh, Paris (XVI.), et ses sections départementales (s’adresser à l’inspection académique) tiennent à la disposition des chefs d’établissement et des maîtres toute la documentation désirable. Ils fourniront tous les renseignements qui leur seront demandés.