L’enfant au coeur des nouvelles parentalités

Rapport 2006 de la défenseure des enfants

lundi 20 novembre 2006, par FCPE 34


Nous vivons dans une société dans laquelle l’évolution des modes de vie et l’isolement rendent nécessaire, à certaines étapes de nos parcours, d’être épaulés dans ce rôle si important de « parent » : les grands-parents jouent souvent ce rôle essentiel, mais aussi les familles d’accueil dans le cas particulier des enfants placés. Mais beaucoup d’entre nous sont amenés à imposer à leurs enfants de partager la vie quotidienne d’un compagnon ou d’une compagne qui aura également de son côté des enfants issus d’unions précédentes. Au fil de la vie quotidienne pourront ainsi se développer des liens d’affection plus ou moins forts avec ces « tiers » dont le rôle peut être important dans l’éducation de l’enfant ; on comprend qu’une séparation brutale (rupture du couple, changement de famille d’accueil) puisse bouleverser cette vie en construction. 1/3 des courriers qui arrivent chez la défenseure des enfants illustrent les souffrances liées à des ruptures familiales de cette nature et de la difficulté de notre société à accompagner cette détresse.

Tous les spécialistes de l’enfance soulignent l’importance de préserver les enfants des conséquences psychoaffectives des ruptures répétées et la nécessité d’organiser leur vie quotidienne en accompagnant du mieux possible les inévitables séparations.

Le droit français s’est, certes, adapté à plusieurs reprises depuis quarante ans à l’évolution des familles et a esquissé des « droits de l’enfant » à avoir des relatons avec des tiers, notamment en 2002 avec les grands-parents. Toutefois, différents rapports réalisés ces dernières années 1 et les impulsions données par le droit international et européen, démontrent qu’un certain nombre d’aménagements restent encore nécessaires pour assurer une meilleure sécurité juridique à l’environnement quotidien de l’enfant dans ses liens avec ces « tiers », notamment beaux-parents, qui participent à son éducation et avec lesquels il noue souvent des liens affectifs forts. Cette demande est largement liée à l’évolution des représentations traditionnelles de la famille qui amènent aujourd’hui près d’un enfant sur quatre à grandir dans des familles monoparentales, recomposées, homoparentales...

J’ai souhaité relayer auprès des pouvoirs publics, la proposition visant à instaurer un véritable « statut des tiers » qui reconnaisse leur place dans la vie quotidienne des enfants et qui permette à ces derniers - s’ils le souhaitent - de maintenir des relations personnelles avec ceux qui auront partagé leur vie un certain nombre d’années et avec lesquels ils ont noué des liens affectifs forts (beau-parent, enfants de celui-ci, les « quasi », comme les appellent certains !).

Dans le prolongement de ce rapport, un colloque sera organisé en 2007 intitulé « l’enfant au coeur des nouvelles parentalités : comment organiser et préserver les liens de l’enfant avec les tiers qui partagent ou ont partagé sa vie ». Il s’agira de repérer toutes les bonnes pratiques de vie quotidienne qui favorisent la continuité des liens affectifs indispensables aux enfants pour se construire.

Dominique Versini,
Défenseure des enfants

Consulter en ligne le rapport 2006 de la Défenseure des enfants.

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