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Jeunes étrangers scolarisés sans papiers

Courrier adressé aux candidats à la présidence des conseils régionaux entre les deux tours des élections

dimanche 28 mars 2010, par Marcel Ortuno


Madame, Monsieur la/le candidat(e) à la présidence du Conseil régional,

Les organisations signataires de ce courrier attirent votre attention sur la situation des jeunes étrangers scolarisés sans papiers. Elles attendent de votre part des engagements clairs sur cette question douloureuse.

Najlae, lycéenne marocaine de19 ans, expulsée le 19 février après s’être rendue dans une gendarmerie du Loiret pour porter plainte contre les violences de son frère, est revenue le 13 mars, avec un visa d’un an. Un retour arraché par l’extraordinaire mobilisation de ses camarades de classe et de vie, de ses proches, des parents d’élèves, de ses profs, et un large mouvement d’élus, de personnalités, reflet d’une opinion publique scandalisée. Depuis le 27 février, outre Najlae, trois jeunes Marocains, eux aussi victimes d’une expulsion inadmissible, sont revenus, soutenus par la mobilisation. Au Maroc et ailleurs, d’autres jeunes expulsés les ont vus rentrer et se sont dit : « Pourquoi eux ? Et pas moi ? Moi dont le lycée, le CFA, tous les proches se sont aussi mobilisés, ont écrit au président de la République, ont signé des pétitions, moi dont le père et le frère vivent en France, avec des papiers, moi qui ai pendant des années étudié, appris un métier, trouvé un patron ? Pourquoi pas moi ? »

Nous sommes enseignants, parents d’élèves, simples citoyens, responsables de syndicats de l’enseignement ou de la fédération de parents d’élèves FCPE et nous n’avons pas d’autre réponse à leur apporter que d’affirmer que nous n’acceptons ni l’injustice ni l’arbitraire. Nous ne les oublions pas, nous nous battons pour leur retour, jusqu’à leur retour.

Nous nous adressons aujourd’hui à vous en tant que candidat(e) à la présidence d’un Conseil Régional pour vous demander, si vous êtes élu(e), de prendre les lycéens sans papiers sous votre protection. D’exiger avec nous le retour de ceux qui ont été expulsés et la régularisation de ceux qui risquent demain de l’être car le gouvernement attend cyniquement la fin de leur scolarité pour procéder à leur bannissement sans risque.

Ces jeunes étudient et se forment dans des établissements « construits et équipés par les Régions » qui les « accompagnent dans leur quotidien et leurs projets ». Mais, le quotidien réel de ces jeunes, c’est la peur d’être arrêtés, placés en rétention, arrachés à ce qui fait leur vie présente. Ils font pourtant partie de notre avenir commun. Notre devoir d’adultes, d’enseignants, de parents, de responsables syndicaux, associatifs ou politiques est d’exiger leur droit élémentaire de séjourner légalement dans le pays où ils étudient et d’où, de toute évidence, ils ne partiront pas volontairement. Nous vous invitons à nous rejoindre dans ce combat légitime.

Cet engagement pourrait prendre la forme d’un vœu proposé en commun aux Conseils d’administration des lycées par le représentant de la région, ceux de nos organisations syndicales et de la FCPE. Ce vœu proclamerait que l’établissement prend ses élèves sans papiers sous sa protection et demande leur régularisation. L’initiative pourrait se prolonger par un parrainage des lycéens dans chacun des Conseils régionaux, manifestations auxquelles nos organisations pourraient s’associer ou apporter leur soutien si vous l’acceptez.

Il n’est pas possible pour un jeune de construire sa vie et de s’imaginer un avenir dans l’insécurité et la crainte d’être banni du pays qui lui a ouvert ses écoles, offert sa culture et ses valeurs. Les jeunes scolarisés sans papiers doivent retrouver avec votre aide la vie qui leur est volée. C’est de la responsabilité de tous ceux qui, à un titre ou un autre, interviennent dans les établissements, dont, naturellement, les régions.

Espérant une réponse rapide, nous vous prions, Madame, Monsieur la/le candidat(e), d’agréer l’expression de nos salutations solidaires.

Pour RESF, Armelle Gardien ; FCPE, Jean-Jacques Hazan, président ;

FERC-CGT, Richard Béraud secrétaire général ;

FSU, Bernadette Groizon, secrétaire générale ;

Sgen-CFDT, Bernadette Peignat, Secrétaire nationale ;

SUD-Education, Jean Burner, co-secrétaire fédéral ;

UNSA-EDUCATION, Patrick Gonthier, secrétaire général ;

UNSEN-CGT, Catherine Perret, co-secrétaire générale.

Contacts RESF :
- Armelle Gardien 06 89 49 48 47, armelle-g@wanadoo.fr
- Richard Moyon 06 12 17 63 81, getmr@wanadoo.fr
- Segolène Petit 06 74 91 94 11, segolen@neuf.fr
- Catherine Tourier 06 81 51 81 44, cetait@aol.com

Contact RESF 34 - FCPE 34 :
- Caroline Molino, c.molino@magic.fr

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