Accueil du site > La Fédération FCPE > La FCPE nationale > Le congrès national .../... > 2005 Strasbourg > Discours de clôture de Georges Dupon-Lahitte au congrès de Strasbourg

Discours de clôture de Georges Dupon-Lahitte au congrès de Strasbourg

Lundi 16 mai 2005

samedi 21 mai 2005, par FCPE 34


Chers camarades, chers ami(e)s,

Je vous le disais samedi matin, le problème avec Strasbourg c’est qu’on a, pour débattre, l’embarras du choix des sujets.

Fallait-il privilégier une thématique relative à la laïcité, ou mettre l’accent sur les problèmes éducatifs, sur la thématique du droit à la réussite, en élargissant cette réflexion avec ceux qui, en Europe, partagent nos préoccupations et peuvent, par leur témoignage et leur expérience, nourrir un chantier de travail qui est permanent pour notre fédération ?

Il a donc fallu trancher.

C’est ce qu’a fait notre conseil d’administration national, démocratiquement, et conformément à nos statuts.

Pour autant, il serait malveillant de prétendre que le dossier laïque a été passé purement et simplement par pertes et profits.

D’abord, parce que, encore une fois, le choix de Strasbourg comme lieu de notre congrès en 2005 n’était pas le fruit du hasard. Ensuite, parce que c’est en pleine connaissance de cause que nous avons décidé que la laïcité ne pourrait être absente des trois grands thèmes retenus pour notre table ronde de dimanche matin.

Enfin, parce que le combat laïque est, lui aussi, un combat dont la permanence est attestée par notre compte-rendu d’activité.

Qu’on en juge :
Dans le cadre de la commémoration de la loi de 1905, la FCPE a soutenu l’initiative de Jean BAUBEROT autour d’une déclaration universelle des droits de l’homme, initiative qui sera marquée par un colloque international les 9 et 10 décembre prochains.

Dans le même cadre, nous avions prévu avec le comité national d’action laïque trois colloques décentralisés : deux d’entre eux n’ont pu se tenir, à la fois pour des raisons d’organisation et de calendrier.

Le troisième aura bien lieu, le 17 septembre prochain, à la Roche-sur-Yon, à l’occasion de l’inauguration du collège d’Aizenay, sur le thème « le service public pour tous ».

Aizenay, haut lieu symbolique, sur une terre hostile à la laïcité et dont le collège public ouvrira ses portes après au moins dix ans de luttes.

Aizenay, symbole de toutes ces communes encore privées d’écoles publiques !

La laïcité, est restée et restera notre combat quotidien : rappelez-vous qu’après la promulgation de la loi sur le port des signes religieux, la FCPE a dû intervenir à de nombreuses reprises auprès du Ministère pour que la loi, qui concerne les élèves mais pas leurs parents, soit strictement appliquée.

La laïcité c’est aussi un travail d’information, c’est celui que nous avons effectué avec le CNAL, en tenant une dizaine de réunions interrégionales sur la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales.

Celles et ceux qui ont participé à ces réunions ont pu ainsi découvrir que cette loi, déjà, dans son article 89, modifiait un article du code de l’éducation afin d’obliger, dans tous les cas, le maire d’une commune ou l’exécutif d’un groupement de communes, à prendre en charge les frais de fonctionnement d’un élève scolarisé dans un établissement privé d’une autre commune.

C’est donc faire un procès un peu rapide et un peu bâclé à la FCPE que de mettre en cause, de façon implicite, son attachement à la laïcité et l’énergie que les militants déploient pour la faire vivre.

Nos procureurs en ce domaine auraient pu, d’ailleurs, mettre l’accent sur un article de la loi Fillon qui a peut-être échappé à leur vigilance.

Il s’agit de l’article 37, il n’est pas long mais il est édifiant, je vous le lis dans son intégralité :

« Les collèges, lycées et autres centres de formation d’apprenti, publics et privés sous contrat, relevant de l’Education nationale, de l’enseignement agricole ou d’autres statuts, peuvent s’associer au sein de réseaux, au niveau d’un bassin de formation, pour faciliter les parcours scolaires, permettre une offre de formation cohérente, mettre en œuvre des projets communs et des politiques de partenariats, en relation avec les collectivités territoriales et leur environnement économique, culturel et social ».

Au lieu de s’épuiser en procès d’intention et en déclarations d’indignation, nous aurions préféré que certains relèvent cette disposition qui fait qu’un élève, au cours de sa scolarité, pourrait faire, contre son gré, la navette entre un établissement public et un établissement privé.

Que fait-on du respect des consciences ? Que fait-on du choix de la laïcité si on impose à un élève un établissement à caractère propre ? Que fait-on de la gratuité si on est envoyé autoritairement dans un établissement privé ?

Mais voilà un chantier laïque concret, actuel, aussi périlleux qu’intéressant !

Car après tout, en tant que citoyen, en tant que contribuable, on peut entendre l’argument du formidable gâchis financier issu de la coexistence de deux systèmes parallèles et concurrentiels ! Et ce gâchis ne doit rien à la pensée libérale ! Il est le résultat d’une décision politique qui accorde à un réseau d’établissements d’enseignement privés toutes les facilités et les garanties du service public sans qu’il en ait les contraintes !

Alors, attaquons-nous à ce dossier !

Supprimons la concurrence, c’est-à-dire effaçons ce qui rend le réseau d’établissements d’enseignement privés différent du service public, intégrons les personnels d’éducation dans la fonction publique -ce que beaucoup d’entre eux réclament- supprimons le caractère propre dont la définition depuis l’origine est encore plus floue que propre, et instaurons la gratuité.

Voilà, mes camarades, un grand espace de travail sur la laïcité, au sein duquel, j’en suis sûr, pourraient nous rejoindre bon nombre de forces laïques !

Voilà de quoi donner consistance à une revendication à laquelle nous n’avons jamais renoncé : un grand service public unifié de l’Education nationale !

Et en même temps, il faudra aussi nous attaquer, au lieu de se contenter de paroles pieuses sur la marchandisation de l’école, à l’intolérable scandale que constitue le développement à grande vitesse du marché privé du soutien scolaire.

Ca aussi, c’est un combat laïque, c’est-à-dire un combat contre l’injustice, contre la ségrégation scolaire, pour une école de qualité et de proximité pédagogique pour tous.

Et il faudra dire qui s’engraisse sur le dos des familles, où se recrute l’encadrement, et pourquoi une partie de celui-ci fait dans un cadre marchand ce qu’il ne peut accomplir au sein du service public.

Il faudra avoir le courage de faire ce terrible constat : là où le service public ne peut ou ne veut remplir ses missions fondamentales, le marché privé du soutien scolaire, qui a horreur du vide, surtout quand le vide rapporte, se précipite sur la place vacante.

Il faudra dire que ces marchands d’école ne font pas dans le dévouement pédagogique.

Pour preuve, l’un d’eux déclare sans rougir : « C’est un leurre de penser que l’argent n’entre pas en ligne de compte. Tout est basé là-dessus ! ».

Voilà donc un autre axe d’action : lutter contre ceux qui achètent l’angoisse des parents, qui saignent aux quatre veines les plus modestes d’entre eux, qui s’enrichissent aux dépens des familles qui ne peuvent s’occuper tout de suite de leurs enfants au retour de l’école !

Et puis, mes chers amis, permettez-moi de vous dire, pour en terminer sur ce chapitre, que la laïcité, c’est aussi le respect de l’autre, et donc, entre autres, le respect des décisions prises collectivement.

Je dis cela parce que la fédération a pris démocratiquement, au sujet du débat constitutionnel, une décision qui engage l’ensemble de la fédération, une décision qui d’ailleurs est traditionnelle dans ce genre de situation, une décision qui s’impose alors à toutes et à tous et a fortiori à ses militants.

Certaines et certains d’entre vous, qui font en même temps grief à la fédération de restreindre le débat démocratique, ont enfreint cette règle commune : triste paradoxe !

Triste paradoxe et attitude consternante, dont je laisse le congrès juge !

Mais parlons plutôt de choses qui témoignent très majoritairement de la vitalité, du dynamisme et de l’esprit collectif de notre fédération.

On peut toujours crier : Abrogation ! Abrogation ! Retrait ! Retrait !

Ca n’y changera pas grand-chose.

Ca n’empêchera pas la loi d’exister.

Ca n’empêchera pas que des projets de textes dangereux se préparent et qu’il faut, plus que jamais, nous mobiliser autour de nos valeurs, pour faire un travail ingrat, complexe, un véritable travail de déminage, un véritable travail de fourmi, qui consiste à repérer dans chaque texte ce qui constitue une disposition en régression ou une mesure qui renforce la construction d’une école à deux vitesses.

Si nous n’avions pas fait ce travail, les uns et les autres, depuis le débat de l’élaboration de la loi Fillon, nous aurions eu sans doute droit à un traitement encore plus expéditif, et le ministre aurait très certainement considérablement élargi sa marge de nuisance.

Notre fédération peut donc se prévaloir, quoi qu’en disent certains, d’avoir été très réactive, voire anticipatrice sur le sujet.

Que ceux qui en doutent se replongent avec plus d’attention dans le rapport d’activité, auquel les mêmes reprochent souvent d’être trop lourd.

Et lorsque nous disons, mes camarades, qu’il s’agit d’une loi sans ambition et sans souffle, vous savez bien que c’est aux enfants et aux jeunes que nous nous référons.

Alors, il ne faut pas nous faire le coup d’un siège national qui n’aurait pas vu tous les dommages que peut causer cette loi.

Non seulement nous l’avons vu, mais nous l’avons écrit quasiment chaque jour, depuis le début de l’élaboration de cette loi.

A chaque fois qu’un nouveau projet de texte est paru, vous en avez été immédiatement destinataires, chacun a pu ainsi mesurer l’évolution du projet et l’évolution des mesures dangereuses qu’il recèle.

Ce travail d’information, nécessaire pour tous les militants, pour tous nos adhérents, nous avons bien l’intention de le poursuivre de notre mieux, tant les projets de texte s’accumulent, tant on met volontairement d’ambiguïtés et de zones d’ombre dans la rédaction des textes.

Dans un tout dernier document, distribué à ce congrès, nous vous avons d’ailleurs proposé un tableau comparatif entre la version initiale du code de l’éducation et les modifications apportées par la loi Fillon, assorties de nos commentaires.

Ce sont ces analyses que nous continuerons de produire afin que, sur le terrain, vous soyez munis de tous les éléments qui vous permettent de nourrir votre argumentation et de réfuter les contrevérités qui ne manqueront pas de s’exprimer.

Ce combat pied à pied contre les conséquences néfastes de loi Fillon doit constituer notre troisième axe de travail pour l’année, voire les années qui viennent.

Nous le mènerons sur la base de notre projet éducatif.

Nous le mènerons, espérons-le, avec d’autres, car toutes les forces qui partagent notre conception progressiste de l’école ne seront pas de trop.

Il faudra, à cet égard, que nous allions au cœur du problème, qui est d’ordre pédagogique.

Nous avons encore du chemin à faire pour dégager les pistes qui conduisent à la réussite de tous, et que cette ambition ne se réduise pas à un simple slogan.

Si cela devait être, nous ne tarderions pas à décourager les meilleures volontés.

Nous ne pourrons peut-être pas, seuls, infléchir la politique éducative du gouvernement. Mais au moins soyons clairs sur ce que nous voulons.

Je prendrai un seul exemple : depuis que le ministre de l’Education nationale a lancé ses fameux projets pédagogiques de réussite éducative, on entend de toutes parts une condamnation, nouvelle et étonnante, de la notion de prise en charge individualisée des élèves qui renverrait ce dernier à ses propres difficultés.

Ce danger existe, et pour autant la différenciation pédagogique est un levier fondamental de la réussite.

Voilà ce que dit Louis LEGRAND à ce sujet (je cite) :

« Différencier l’enseignement peut avoir deux sens complémentaires. Il s’agit, dans tous les cas, de prendre en compte la réalité individuelle de l’élève.
Mais cette prise en compte peut se faire en considération de deux objectifs différents : ou bien il s’agit d’adapter l’enseignement à la destination sociale et professionnelle des élèves ; ou bien, un objectif commun étant défini et affiché, il convient de prendre en compte la diversité individuelle pour y conduire ».

Par cet exemple, on voit bien le piège qu’il y a à manier des formules simplificatrices et l’obligation dans laquelle nous sommes d’exprimer une pensée précise mise au service d’objectifs cohérents.

Nous devons absolument développer cette démarche de réflexion ensemble, sur des problèmes qui sont déterminants pour que les parcours scolaires offerts à nos enfants soient attractifs, ambitieux, diversifiés, incitatifs.

Il faudra donc que nous sachions expliquer, plus clairement et plus rigoureusement encore, pourquoi nous voulons un socle commun de compétences et de connaissances, ce que nous voulons y mettre, comment nous comptons qu’il soit évalué, sans occulter le problème - qui doit être posé pour être résolu - des élèves qui seraient dans l’incapacité durable d’acquérir ce socle.

Il faudra que nous portions la même attention, que nous ayons le même souci de rigueur à propos du couple des inséparables : orientation - évaluation, pour peu qu’on veuille bien admettre que la seconde est bien entendu au service de la première, et que l’orientation, jamais irrémédiable, procède d’une démarche concertée entre le jeune, l’équipe pédagogique et les parents.

Et évidemment, parler orientation - évaluation, c’est affronter la réalité des questions « lourdes » : le redoublement, la continuité pédagogique, la structure des examens, etc ...

Dans cette perspective, je vous propose que nous nous fixions un quatrième objectif, qui consisterait à organiser notre colloque traditionnel de novembre autour de ces questions.

Des questions éminemment pédagogiques pour lesquelles, le plus officiellement du monde, les parents sont sollicités, lors de l’élaboration des projets d’école et d’établissement.

A titre provisoire, et sans lui en avoir demandé l’autorisation, j’emprunte à Philippe MEIRIEU ce qui pourrait être la problématique de ce prochain colloque.

« Comment faire pour que l’accès aux études s’accompagne d’une hausse correspondante du niveau des élèves qui y accèdent ? Comment transformer la « démocratisation de l’accès » en « démocratisation de réussite » ? C’est évidemment affaire de pédagogie ».

Vous avez été nombreux, pendant la discussion du rapport d’activité, à nous dire comment, de plus en plus, et de plus en plus souvent, la place des parents au sein de la communauté éducative était remise en cause par des directeurs, des chefs d’établissement, des inspecteurs et des recteurs, voire par le ministre lui-même qui voudrait bien voir leur influence réduite à la portion congrue.

Si elle n’est pas nouvelle, cette situation reste inquiétante et, semble-t-il, elle s’aggrave.

Disons le clairement : dans notre système éducatif, les parents n’ont pas la cote.

Le fait qu’ils soient des partenaires permanents de la communauté éducative n’est décidément pas encore rentré dans les mœurs.

On est bien forcé d’admettre qu’ils sont incontournables, mais on cherche malgré tout la faille : c’est pourquoi tant de petites associations indépendantes fleurissent. Bien des chefs d’établissement les choient, quand ils ne participent pas plus ou moins discrètement, à leur création.

En effet, isolées, elles sont plus conciliantes.

De taille modeste, elles sont moins encombrantes.

Non fédérées, elles sont moins dérangeantes.

Nous avons, à l’époque de l’élaboration de la loi, demandé que soit explicitement reconnu dans celle-ci le rôle des fédérations de parents d’élèves dans le service public d’éducation.

L’écart, en effet, était abyssal entre les propos de circonstance de la loi à ce sujet et les sept ou huit préconisations émises par la commission THELOT, si imparfaites et si incomplètes fussent-elles.

Il a fallu que le ministre de l’Education nationale reste obstinément sourd, fermé à nos demandes, campé sur ses positions pour que, passant outre ce mutisme persistant, trois fédérations, la FCPE, la PEEP et l’UNAPEL, fait tout à fait exceptionnel, en appellent conjointement au conseiller du Premier ministre et à celui du Président de la République.

Rien ni personne, apparemment, ne pouvait faire entendre raison au ministre Fillon.

Et voici qu’au détour d’une déclaration accordée en exclusivité au congrès de la PEEP, le ministre de l’Education nationale fait deux annonces successives.

D’abord, un décret consacrerait, en quelque sorte, la reconnaissance des fédérations de parents d’élèves.

Evidemment le conditionnel s’impose, car pour l’instant - déclaration transmise par voie de presse mise à part - nous sommes dans le flou et l’incertitude.
En tout cas, même avec quelque retard, mais restons prudents, notre obstination semble avoir payé.

Nous n’avons jamais lâché le morceau et s’il faut encore se battre, nous nous battrons !

Deuxième disposition : le ministre introduirait dans le cahier des charges des IUFM « nouvelle formule » un module de formation à la relation parents - enseignants.

Optionnel, ou obligatoire comme nous le demandons ? Avec quel contenu et quel horaire ?

Tout cela, nous l’ignorons.

Quoi qu’il en soit, si nous avons réussi à ouvrir ces brèches, ne laissons pas passer l’occasion, et allons aussi loin que possible dans la rédaction de textes : voilà un axe d’action supplémentaire.

Je voudrais, enfin, évoquer nos travaux de dimanche, de façon forcément succincte, puisque nous venons de prendre connaissance du compte-rendu des différents ateliers.

Je souhaiterais d’abord remercier l’ensemble des intervenants qui ont bien voulu répondre à l’invitation de la FCPE.

Ils nous ont fait bénéficier, dans leur spécialité, de leur regard d’expert, non pas sur l’Europe en tant que telle, mais sur la manière dont se déclinent dans différents pays d’Europe des problématiques qui sont pour nous des dossiers permanents : l’enseignement des langues, l’éducation à la conscience européenne, l’orientation et les parcours de formation, la place des parents, la scolarisation des enfants handicapés.

La contribution de chacun d’entre eux va nous aider à nous décentrer, à découvrir des perspectives nouvelles, à dégager de nouvelles pistes pour rendre notre système éducatif plus juste et plus efficace.

Nous sommes ainsi complètement dans notre rôle de parents d’élèves : c’est-à-dire que nous sommes en capacité d’être porteurs de solutions novatrices.

Lors de la table ronde « autour de l’éducation en Europe », chacun a pu librement s’exprimer autour de trois thèmes qui sont en pleine actualité.

Merci à Claire Shewbridge de son exposé à propos de l’étude PISA. Au-delà des constats et des résultats, qui demandent une analyse soigneuse, il est intéressant de noter, au moins dans les intentions, que l’objectif de ce programme est bien d’identifier « ce que savent faire les élèves avec ce qu’ils ont acquis », formule précieuse qui fait un sort au faux débat entre connaissances et competences, entre savoirs et savoir faire.

Merci à Mireille Estivalèzes de sa contribution sur ce qu’elle a volontairement appelé « l’enseignement des religions en Europe », qui nous a montré à la fois la richesse et la complexité de ce phénomène en Europe. C’est, ici, à Strasbourg, en 2005, un apport supplémentaire à notre réflexion sur la laïcité.

Merci à Frédéric Dobritz qui, avec le regard du juriste, a fait le point sur les objectifs européens de l’éducation, issus de la stratégie de Lisbonne, qui sont des compétences d’appui et de coordination, et non des compétences partagées.

Je déplore juste qu’à ce moment du débat, quelques uns aient eu des difficultés à s’y intégrer sereinement, à éviter les invectives et les vociférations, à respecter tout simplement leur interlocuteur.

L’essentiel, c’est qu’une dynamique de travail se soit mise en marche.

Elle s’amorce à peine. Elle devra être poursuivie, parce qu’elle est dans une tradition de la FCPE qui s’appelle universalisme et ouverture aux autres.

Nous n’y renoncerons pas.

Nous l’aborderons d’ailleurs sous d’autres angles, par exemple, en redonnant un nouvel élan au CEPEP, Centre Européen des Parents d’Elèves de l’enseignement public, qui vise à rassembler les associations de parents d’élèves qui militent pour un service public, laïque et gratuit d’éducation.

C’est ce qui justifie, notamment, à notre congrès, la présence amicale et fructueuse de Pierre Spehl, responsable de la FAPEO belge, et de Lola Abello, présidente de la CEAPA espagnole. Merci à tous les deux d’avoir accepté de nous rejoindre.

Combat laïque,

Combat contre les inégalités scolaires.

Combat contre les enseignements de la loi Fillon.

Combat pour une pédagogie de la réussite.

Combat pour une véritable reconnaissance du rôle des parents d’élèves et de leur fédération.

Combat pour une dynamique solidaire des associations laïques des parents d’élèves en Europe,

Voilà le programme que je vous propose pour l’année qui vient, et sans doute les suivantes.

Programme ambitieux pour des combats nécessaires, avec des militants déterminés, résolus, solidaires, soudés dans une fédération qui est à la fois leur maison commune, le creuset de leur engagement associatif pour l’école publique, l’outil qu’ils ont façonné eux-mêmes pour qu’il soit mis au service de l’avenir de la jeunesse.

En avant et au travail pour de nouvelles aventures !

Répondre à cet article