mardi 22 juin 2010, par
Le RESF, le RUSF, les syndicats étudiants organisent une conférence de presse mercredi 23 juin à 11h, dans les locaux de la Cimade, pour alerter l’opinion sur le sort de Fatma, étudiante tunisienne, qui risque d’être expulsée à tout moment vers un pays où elle n’a plus de famille. Fatma, mais aussi Alpha, Madjouline et d’autres…
Mardi 25 mai, 5h30. La vie de Fatma, étudiante à l’université Paul Valéry, bascule. Parce qu’elle lui demandait de remettre en état une salle de bains inutilisable, son propriétaire l’a dénoncée !! A l’aube, la police, en toute illégalité, défonce la porte de son domicile, la place en garde à vue sans la laisser appeler personne, et l’emmène illico au centre de rétention de Nîmes, qui dispose d’une aile réservée aux femmes. Elle n’a emporté avec elle que son passeport et sa carte d’étudiante. Dès le lendemain matin, on l’emmène à l’aéroport de Marseille pour l’expulser vers la Tunisie, sans même la présenter au Juge des Libertés et de la Détention (JLD). Fatma refuse d’embarquer ! Elle passe alors enfin devant le JLD, assistée par un avocat commis d’office. Celui-ci lui déconseille d’évoquer les conditions de son arrestation !!!! Cela aurait pourtant forcément annulé la procédure ! Le juge la libère en l’assignant à résidence le temps de passer ses examens. Son arrestation l’a déjà empêchée de passer plusieurs matières.
Quel crime a donc commis Fatma pour être traitée comme une dangereuse criminelle ? En 2003, elle a 22 ans. Son grand-père chez qui elle vivait en Tunisie vient de mourir. Elle décide de venir faire ses études en France, où vit toute sa famille. Munie d’un visa étudiant, elle s’inscrit en psycho à Paul Valéry. Elle a beaucoup de mal à s’adapter au début, et ses résultats s’en ressentent. C’est l’argument utilisé par la préfecture pour lui notifier successivement deux OQTF (obligation de quitter le territoire) contre lesquelles, mal informée, elle ne fait qu’un recours gracieux (inefficace et non-suspensif). Pourtant, entre temps, Fatma a trouvé ses marques : elle a fait des progrès fulgurants, mène de front deux licences et a validé tous ses examens. Elle a mûri un projet professionnel solide, compte poursuivre un master de psychologie clinique pour intégrer ensuite une école de neuropsychologie en Belgique. Alertée sur sa situation, la présidence de l’université a écrit au préfet et s’est engagée à lui faire passer dès la semaine prochaine les examens qu’elle n’a pu passer à cause de sa détention.
Aujourd’hui, Fatma peut être arrêtée à tout instant, et expulsée sans autre forme de procès vers la Tunisie, où elle n’a plus sa famille. Elle est fortement traumatisée par ce qu’elle a subi et par la découverte brutale qu’un étudiant étranger n’est pas un étudiant comme les autres !
C’est également ce que vivent tous les jours Alpha et Madjouline, qui ont tous les deux eu l’affront de rater quelques examens suite à de graves problèmes de santé. Eux aussi sont menacés d’expulsion à court terme.
A la veille des vacances, il est plus que jamais nécessaire de rappeler le sort réservé aux jeunes sans papiers, lycéens ou étudiants