Accueil du site > Communiqués > Communiqués nationaux > Déclaration liminaire de la FCPE au Conseil Supérieur de l’Education (...)

Déclaration liminaire de la FCPE au Conseil Supérieur de l’Education du 19 janvier 2012.

lundi 23 janvier 2012, par Marcel Ortuno


En cette période de voeux permettez-moi, au nom de la FCPE d’adresser à tous les membres de notre assemblée nos meilleurs voeux pour cette année 2012, qu’elle soit placée sous le signe de l’intérêt des élèves et consacrée à la réussite de la jeunesse de notre pays.

Le début d’année est l’occasion certes de formuler nos voeux mais également de prendre de bonnes résolutions. D’ailleurs, en la matière nous avons quelques propositions.

L’une des bonnes résolutions qu’aurait pu prendre le gouvernement est de revenir sur les suppressions de postes une fois de plus programmée pour la rentrée prochaine.

Chacun le sait, les 14 200 suppressions de postes prévues se feront encore au détriment de l’accès à l’école maternelle, de la mise en place effective des remplacements des enseignants, de l’aide spécifique à apporter aux élèves en difficulté, des élèves de la voie professionnelle, des collégiens pourtant encore plus nombreux en 2012.

Plus personne ne peut le nier, sauf le ministre de l’Education nationale ! L’aveuglement est tel que là où le gouvernement frappe le plus durement, c’est dans les territoires les plus défavorisés socialement : Nord Pas-de-Calais, Lorraine, les académies de banlieue parisienne…

Supprimer les moyens de remplacement, des postes d’enseignants, des postes de RASED, réduire l’offre scolaire de proximité en milieu rural, augmenter les effectifs dans les classes, contribue-t-elle à lutter contre la crise économique ? à relancer la croissance ? à lutter contre le chômage des jeunes ?

Non, bien sûr, tout cela n’est pas sérieux et démontre une volonté de sape de l’Ecole publique et non une rigueur budgétaire de crise, notamment quand l’Etat réalise un manque à gagner en maintenant les déductions fiscales favorables aux officines privées de cours particuliers qui vivent sur l’angoisse des familles, que seuls les plus riches ont les moyens et un intérêt à financer ! Il est temps que cela s’arrête.

Comme autre résolution, on aurait aussi pu cesser le satisfécit présidentiel en matière de politique éducative quand l’ensemble des études ou les réalités de terrain nous démontrent que la situation se dégrade.

Y a-t-il eu progrès dans le taux de scolarisation des enfants de moins de trois ans ?

Non, celui-ci a été divisé par trois durant la mandature.

Y a-t-il eu progrès dans les résultats de la France aux enquêtes internationales ?

Non, les derniers résultats de l’enquête PISA montre une stagnation des résultats et un creusement des écarts reproduisant et aggravant les inégalités sociales !

Y a-t-il eu progrès dans le remplacement des enseignants absents ? Non, la continuité du service public d’éducation est moins bien assurée dans le premier comme dans le second degré !

Y a-t-il eu progrès dans la formation des enseignants ?

Non, sous prétexte d’un allongement factice de cette formation, elle a perdu tout caractère professionnel, les enseignants ne sont plus formés à la pédagogie, à la psychologie de l’enfant et de l’adolescent.

Y a-t-il eu amélioration des rythmes scolaires ?

Non, les élèves ont depuis 2008 le plus mauvais des rythmes, ce que tout le monde reconnaît maintenant, avec des journées de classe bien trop longues, sans toujours avoir le temps de déjeuner !

Ce que l’on sait malgré tout c’est qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire !

Sur les rythmes scolaires, on peut agir dès maintenant, ne serait-ce que pour mettre en place une pause méridienne de 90 minutes pas moins dans les écoles, les collèges et les lycées. On peut également décider de revenir sur la semaine de quatre jours que tous s’accordent à dénoncer.

Faut-il vraiment que cela fasse l’objet d’un débat de campagne électorale après avoir que tous se sont exprimés sur la question ? Où est-ce plutôt une stratégie de l’immobilisme ?

Il ne faudra pas dans ces conditions s’étonner des mobilisations à venir. Celles des parents qui vont contester les mesures de carte scolaire dans les départements, les DHG dans les collèges et les lycées.

Ils auront malheureusement raison de réclamer d’autres choix puisque c’est bien de l’avenir des jeunes générations dont il s’agit.

De ces mobilisations, la FCPE en sera.

Je souhaite pour conclure revenir sur la formation des enseignants : la FCPE appelle les parlementaires à rejeter la proposition de loi de Jacques Grosperrin sur la formation des enseignants. Cette proposition aura deux effets inacceptables : rendre possible la formation de futurs enseignants de l’Ecole de la République par des établissements privés au détriment des IUFM et des universités publiques, et supprimer tout cahier des charges national pour en fixer les contenus.

Ainsi, de prétendues formations de futurs enseignants pourront être proposées sans que le contenu en soit nullement fixé ni dispensé et donc garanti par l’Etat.

Nous rappelons qu’en novembre dernier, suite au recours déposé au Conseil d’Etat, ce dernier avait annulé l’arrêté du ministère de l’Education nationale réformant la formation des enseignants et enjoint le même ministère à prendre contact avec les organisations à l’origine de ce recours afin de lancer une concertation.

Constatant que le ministère persiste à ignorer la décision du Conseil d’Etat, la FCPE réitère son exigence que l’arrêt du Conseil d’Etat soit immédiatement appliqué.

Répondre à cet article