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Déclaration liminaire de la FCPE lors du Conseil Supérieur de l’Éducation du 1 juillet 2010

jeudi 1er juillet 2010, par Marcel Ortuno


Monsieur le ministre, Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui, ce CSE clôt une année scolaire qui une nouvelle fois a été lourde de conséquences pour l’école publique.

Le contexte économique et social a de nouveau servi d’alibi à un gouvernement qui a poursuivi son entreprise de fragilisation du service public d’éducation dont il est pourtant le garant.

Encore de nouvelles suppressions de postes, encore des mesures mettant en danger les structures, les élèves et les adultes de toute la communauté éducative.

Et pourtant les engagements ministériels étaient nombreux et prometteurs : Une réforme des lycées dite ambitieuse, la sécurité à l’école, les rythmes scolaires, la restauration de la continuité du service public d’éducation, et bien d’autres.

Mais que d’engagement non tenus au final !

Le ministre promettait une réforme des lycées ambitieuse à moyens constants, force est de constater que la rentrée prochaine se fera sans les moyens humains promis !

Le ministre promettait une application de la réforme des lycées dans de bonnes conditions dès la classe de seconde en septembre prochain, force est de constater que les manuels nécessaires ne seront pas au rendez vous et que cela va considérablement alourdir le budget de rentrée des familles, c’est inacceptable !

Le ministre promettait une restauration de la continuité du service public d’éducation en mettant partout en France, des enseignants à disposition des académies pour assurer le remplacement des professeurs absents, force est de constater que ces remplacements ne sont pas effectués et en tout cas pas par des enseignants formés ! Des milliers d’heures de cours obligatoires dont les élèves sont privés chaque année.

Le ministre promettait un mois de Juin scolarisé pour tous les collégiens et tous les lycéens, force est de constater que là aussi rien n’a changé et que l’organisation des examens de fin d’année prive les collégiens et lycéens des heurs de cours prévues jusqu’à la date officielle des vacances d’été.

Le ministre promettait un service d’éducation de qualité assurant la réussite de tous avec 80% des élèves parvenant au niveau baccalauréat, force est de constater que la gageure va être difficile à atteindre avec une réforme de la formation des enseignants qui va mettre en face des élèves de jeunes enseignants démunis d’une formation professionnelle suffisante !

Le ministre promettait des états généraux de la sécurité scolaire permettant de trouver des solutions pour permettre à chacun de vivre dans les établissements avec toute la sérénité nécessaire pour des apprentissages réussis, force est de constater que là encore, rien n’ a été entendu, rien n’a été écouté et pourtant les débats et les propositions ont été de qualité.

Le ministre promettait le maintien des rased pour assurer la prise en charge des élèves en grande difficulté, force est de constater que des circulaires vagabondes montrent la volonté de les supprimer dès la rentrée prochaine.

Le ministre promettait que les jardins d’éveil ne mettraient pas en péril la maternelle et la scolarisation des enfants de moins de trois ans, force est de constater que les mêmes circulaires, tout aussi vagabondes, montrent que la suppression de cette scolarisation est en marche forcée.

Le ministre promettait de restaurer la confiance et la place de toutes les familles dans les établissements scolaires, force est de constater que cela va être ardu, quand pour ramener les élèves absentéistes à l’école, la mesure privilégiée est de stigmatiser et fragiliser encore davantage leurs famille en suspendant les allocations familiales. Et pourtant, l’actualité nous montre que le chantage à l’argent n’a jamais ramené des élèves sur les bancs de l’école que ce soit la cagnotte des lycéens professionnels que les allocations de leur parents. Donner envie aux élèves de rester de venir et de rester à l’École, c’est à l’intérieur que cela se passe : donner du sens aux apprentissages, valoriser les élèves, associer les familles, quelques pistes parmi d’autres.

Le ministre promet un enseignement renforcé des langues vivantes dans les écoles afin de permettre aux écoliers d’atteindre le niveauA1 pour mieux s’intégrer dans une société résolument tournée vers la mondialisation, force est de constater que cela va être considérablement compliqué lorsque les postes d’intervenants en langue vivante vont être supprimés alors que l’habilitation des maitres est loin d’être généralisée !

Le ministre promet un long travail fructueux sur les rythmes scolaires mettant l’intérêt de l’enfant au centre des discussions, force est de constater qu’il est difficile d’y croire, lorsqu’on étudie la composition du comité scientifique. Les lobbyings du tourisme remplaçant les usagers et les personnels du système éducatif !

Sur tous ces points, la FCPE avait et a toujours des propositions et des ambitions pour l’École.

Que ce soit sur les rythmes scolaires, sur les conditions de vie et d’apprentissage des élèves, sur les mesures permettant s’associer sérieusement les familles à la vie de l’École et à la scolarisation de leurs enfants, sur les décrets concernant la discipline et même sur la pédagogie et les contenus des programmes, les parents d’élèves de la FCPE ont des choses à dire.

Monsieur le ministre, les parents d’élèves FCPE vous demandent solennellement comment vous comptez mettre en œuvre toutes les réformes et les ambitions que vous affichez pour l’École, en particulier la réforme des lycées sans les moyens promis !

La FCPE vous demande de renoncer aux mesures sécuritaires qui ne résoudront pas les conséquences de la désectorisation et de la fragilisation des établissements scolaires ghettoïsés, privés des adultes nécessaires pour remettre de l’éducation et du vivre ensemble partout et pour tous.

La FCPE demande que la priorité soit redonnée à l’École publique, l’école de la république afin que la réussite de tous les enfants ne soit plus qu’une formule, mais bien une réalité pour tous les élèves de ce pays.

Monsieur le Ministre, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Comment la FCPE, les parents d’élèves peuvent-ils croire en vos engagements, lorsque chaque jour qui passe leur prouve votre incapacité à les tenir !

Vous devez dès demain redonner la priorité à l’Éducation et le ministre des finances doit aller chercher ailleurs que dans l’École de quoi combler les déficits nationaux. En cherchant bien, nous sommes persuadés qu’il devrait trouver facilement ! Quelques pistes ont été évoquées ces derniers jours !

A son tour, la FCPE promet d’être attentive, tous les jours sur le terrain de l’Éducation, dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées aux signes forts qui lui prouveront votre volonté de faire de l’École publique une école centrée sur les enfants et ouverte sur le monde, une école qui permettra enfin à tous de grandir, d’apprendre en toute sérénité dans tous les établissements scolaires.

Et la FCPE tiendra ses promesses.

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