vendredi 11 février 2005, par
Le CDEN est une instance de concertation qui réunit l’administration, les enseignants, les élus et les parents d’élèves.
A l’ordre du jour du CDEN du 11 février : la carte scolaire 2005.
La FCPE a fait la déclaration suivante :
CDEN du 11 février 2005
C’est avec un budget de l’État 2005 qui programme plus de 5 000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale que se prépare la prochaine rentrée scolaire et que le ministre présente au parlement son projet de loi. Ce budget compromet la scolarisation des tout-petits en maternelle, et supprime de nombreuses options dans le secondaire.
Concernant la prochaine loi d’orientation, loin de développer l’éducatif, le projet de loi s’inscrit dans une logique de culpabilisation des élèves et de leurs parents, voire les traite comme des délinquants. Sur ce point, soulignons au passage le lien avec le pré-rapport du Député UMP du Val-de-Marne Monsieur Bénisti qui est intolérable à bien des égards.
Le sens premier de cette loi est le refus d’investir dans le service public d’éducation pour la réussite de tous les élèves, voire, comme le montre le budget, l’abandon délibéré de la priorité du gouvernement pour l’Éducation. Il affiche clairement la volonté d’orienter précocement ceux qui présenteraient des difficultés, sans aucune réponse pédagogique et sociale aux inégalités.
Dans les lycées sont sacrifiés les options, les sciences économiques, la seconde langue, les TPE.
La généralisation des bourses au mérite nie les causes et l’ampleur des difficultés sociales ; cette mesure ne règle pas le problème des lycéens obligés d’arrêter leurs études faute de moyens financiers et de travailler pour les mener à bien.
En CE2, en sixième, après évaluation, le "programme personnalisé de réussite scolaire" (PPRS) isolera et stigmatisera les enfants en difficultés et leurs familles, dédouanant le système éducatif de sa part de responsabilité de l’échec scolaire. Dans un certain nombre de cas, l’enseignant portera seul dans sa classe la responsabilité de situations de handicaps ou de difficultés passagères ou permanentes.
Ce projet marquera la fin des réseaux actuels d’aide des enfants en difficultés.
Le silence « assourdissant » du ministre quant à la place et la participation qu’il entend donner aux parents au sein de la communauté éducative est éloquent, éloignant encore un peu plus les familles de l’école. Les parents se retrouvent ainsi relégués à un simple rôle de consommateur d’école. C’est par une orientation précoce non choisie dès l’entrée au collège, rompant avec l’idée d’apprendre ensemble, que le ministre, en cohérence avec la loi de cohésion sociale Borloo, entend régler la question de la « réussite » de tous les élèves par la sortie du collège de milliers de jeunes faiblement qualifiés et bon marché pour les entreprises ; les formations proposées dans les établissements seront soumises aux seuls besoins de l’économie.
Ce projet de loi, qui renforce les inégalités et hypothèque considérablement l’avenir des jeunes en s’inscrivant dans un projet de société que nous récusons, prouve une fois encore l’incapacité de nos gouvernants à entendre l’expression des citoyens. Se montrant sourd, tant aux revendications portées lors de manifestations d’ampleur considérable qu’aux réponses aux questions qu’il a lui-même posées à travers le grand débat sur l’éducation, le gouvernement Raffarin n’est pas à la hauteur de la tâche qui lui incombe, construire l’avenir de la nation.
La FCPE exprime son opposition à cette loi d’orientation, qui ne permettra en rien d’améliorer le système éducatif. Les parents d’élèves FCPE réaffirment leur attachement aux valeurs de l’Ecole de la République, et leur refus de les voir sacrifiées sur l’autel de l’ultralibéralisme et des économies budgétaires.