Accueil du site > Communiqués > Communiqués locaux > Déclaration de la FCPE 34 au CDEN du 11 février 2010

Déclaration de la FCPE 34 au CDEN du 11 février 2010

Conseil Départemental de l’Education Nationale

mardi 9 février 2010, par Marcel Ortuno


Depuis plusieurs années, en CDEN, la FCPE répète son inquiétude pour l’école et pour les conditions de scolarisation des élèves. Elle rappelle aussi, inlassablement, son mécontentement vis-à-vis d’une école qui ne respecte pas les enfants et les jeunes dans leurs rythmes de vie et dans leurs conditions de travail. Elle réclame que soient mis en place tous les moyens qui permettent aux enfants, à tous les enfants, de trouver dans l’école publique, une éducation adaptée à leurs besoins qui non seulement leur apporte les bases du socle commun mais les guide vers l’autonomie, puis les conduisent vers le monde professionnel, tout en les faisant accéder au statut de citoyen libre et éclairé.

Aujourd’hui encore, les parents sont particulièrement inquiets du mauvais remplacement des enseignants absents, de la réforme programmée de la formation des enseignants, de la baisse du nombre d’enseignants dans les collèges et d’une réforme du lycée prévue sans moyens.

Le remplacement des enseignants absents se détériore tant que les parents, de plus en plus, signalent des situations anormales, des anomalies criantes pourrions-nous dire. Dans certaines matières et dans certaines classes, les élèves sont privés d’enseignement pendant des mois et ce ne sont pas les modalités de remplacement internes dans les établissements du second degré qui permettent de combler les manques, et ce, d’autant que les enseignants effectuent déjà de nombreuses heures supplémentaires.

La réforme de la formation des enseignants mettra devant nos enfants de jeunes professeurs qui n’auront bénéficié d’aucun cours sur la pédagogie ou la prise en charge d’un groupe d’élèves et qui devront dans le même temps construire leurs cours et rédiger leur mémoire. Quels sont les métiers qui s’exercent après une formation "sur le tas" ? Normalement, ce ne devraient pas être ceux qui requièrent des personnels pointus dans leur domaine, pas ceux qui touchent à l’enfance, à la formation de toute la jeunesse d’un pays. Et que dire des étudiants qui, au cours leur cursus, auront à enseigner ? Que dire du défilé de ces jeunes adultes non formés devant nos enfants ?

La baisse du nombre d’enseignants dans les collèges va rendre difficile l’organisation des emplois du temps, le maintien de certaines options et le dédoublement des classes en langues vivantes ou dans les matières qui nécessitent des expérimentations, des manipulations. Comment, dans ces conditions, les élèves pourront-ils bénéficier de la totalité des enseignements prévus aux programmes ? De plus, la très nette augmentation des heures supplémentaires que les professeurs vont devoir effectuer risque d’accentuer fortement l’amplitude horaire de présence des élèves dans les établissements. Pour quels résultats, avec des enseignants qui auront de moins en moins de temps à consacrer à chacun de leurs élèves, à la préparation de leurs cours ?

La réforme du lycée, que nous aurions souhaité bien plus ambitieuse, ne pourra se mettre en place qu’avec une solide formation des personnels et nécessiterait des moyens conséquents, faute de quoi toutes les bonnes intentions affichées risquent de se transformer en vœux pieux. On ne peut déplorer les sorties du système scolaire sans qualification, les redoublements inutiles, les réorientations subies, les échecs au baccalauréat ou dans l’enseignement supérieur et ne pas mettre les moyens au service de ses ambitions.

L’école publique doit être l’école de tous, l’école de la réussite de tous les jeunes de ce pays, l’école de la Nation. La FCPE demande que l’effort éducatif de la Nation soit réservé au développement de l’École Publique.

Répondre à cet article