Conseil Départemental de l’Education NAtionale
mercredi 9 décembre 2009, par
Le gouvernement annonce une augmentation de 1,6% du budget de l’Éducation nationale qui serait de nature à rassurer les parents et les enseignants puisque l’inflation serait en deçà. Le budget de l’Éducation nationale atteint 60 milliards d’euros pour le projet de loi de finances 2010.
Pourtant, cette augmentation est inférieure à la dépense supplémentaire nécessaire pour financer les pensions de retraite (plus d’un milliard d’euros) et ceci depuis 3 ans. En réalité, le budget consacré aux élèves ainsi qu’aux personnels baissera donc une nouvelle fois cette année et ce seront donc bien 16 000 adultes en moins qui manqueront aux élèves de France en 2010.
La FCPE n’a de cesse de dénoncer la suppression massive de postes dans l’Éducation nationale. De plus en plus, on supprime les postes là où on pense que cela se voit le moins. A titre d’exemple, le budget accordé pour assurer les remplacements dans le 1er degré de l’enseignement public chute de 17 millions d’euros ; dans le 2nd degré public, il chute de 123 millions d’euros par rapport à 2009, quand au même moment, ce budget est en augmentation de 3, 65 millions d’euros … dans l’enseignement privé. En la matière, le gouvernement a fait des choix qui nous semblent plus que contestables.
On enregistre depuis la rentrée de septembre un nombre effarant d’absences non remplacées, en particulier dans certaines matières, ce phénomène augmentant d’année en année.
Entre la rentrée 2004 et la rentrée 2009, les effectifs des collèges publics de l’Hérault ont diminué de 1,7%, et ceux des lycées d’enseignement général et technologique publics de 3,1%. Dans le même temps, ceux des collèges privés sous contrat ont augmenté de 5,1%, et ceux des lycées d’enseignement général et technologiques privés sous contrat de 9,2%.
Au cours de cette même période, le nombre d’élèves scolarisés en collège ou en lycée général et technologique, public et privé confondus, a diminué de moins de 1%.
Aujourd’hui, l’augmentation de la proportion d’élèves scolarisés dans le privé, conjuguée à un assouplissement de la sectorisation des collèges, met en péril plusieurs établissements publics, avec notamment un effet de « ghettoïsation » rendu possible par le maintien de capacités d’accueil dans le privé.
L’élaboration de la carte scolaire ne doit pas simplement répondre à l’offre et à la demande, mais elle doit aussi assurer, à travers une cohérence de recrutement, la mixité sociale indispensable au bon fonctionnement des établissements et à la réussite des élèves,
Seule l’École Publique est à même d’apporter toutes les garanties pour la formation de tous les futurs citoyens et leur capacité à vivre ensemble, l’État ne doit en aucun cas brader le Service Public d’Éducation. Nous demandons que, lorsque dans un bassin de formation, une baisse des effectifs amène à envisager une fermeture de classe, celle-ci se fasse dans le privé, et qu’à l’inverse, des moyens soient mis en œuvre dans les établissements publics pour ouvrir ou rouvrir des classes.
Ce sont une nouvelle fois les parents et les collectivités territoriales qui devront se substituer à la dépense intérieure d’éducation de l’État toujours en baisse depuis 1997…
Les besoins de transformation pédagogique imposent de renforcer la formation des enseignants. Pourtant, malgré les oppositions largement exprimées durant toute l’année dernière, le gouvernement veut faire passer sa réforme qui supprime un an de formation pédagogique. Le budget 2010 en serait, si rien ne changeait, la première expression effective.
La partie du budget de la mission enseignement scolaire qui est la moins « médiatisée » concerne un secteur qui, dans la masse globale, reste malheureusement marginale : les crédits pédagogiques et les aides sociales à destination des élèves. Pourtant ce secteur est indispensable au bon fonctionnement de l’ensemble du système éducatif.
Pour le budget 2010, comme ce fut le cas en 2009, ceux-ci sont en constante diminution.
La somme allouée au budget « vie scolaire » dans le second degré est sans commune mesure avec les besoins réels et reflète le peu de cas que fait le gouvernement de l’association des élèves à la vie scolaire, alors que le président de la République annonce un accroissement de l’engagement lycéen et que le ministère souhaite associer davantage les parents d’élèves à l’Ecole. A ce propos, nous dénonçons le mépris avec lequel sont traités les représentants des parents d’élèves dans notre académie et particulièrement dans le département de l’Hérault (élections, documents non distribués, horaires des conseils de classe, pas de réponse à nos courriers…). Faut-il cette année encore saisir la commission d’accès aux documents administratifs pour obtenir les documents auxquels nous avons droit (résultat des élections école par école par exemple) ?
Dans le même ordre d’idées, le projet de suppression du Collège de Cessenon et sa transformation en annexe pédagogique de celui de Saint Chinian. Pourquoi pas un rapprochement entre els deux collèges, s’il permet une synergie de moyens, mais nul besoin pour cela de procéder à une annexion. Et la procédure suivie, tant par l’inspection académique que par le Conseil Général laisse craindre les plus sombres desseins :
Personne, ni les Conseils d’administration des collèges, ni les représentants des personnels et des parents, ni même la municipalité, n’a été informé de ce projet. Comble, c’est la FCPE qui a appris au maire de Cessenon ce projet d’annexion.
procédure utilisée est celle du fait accompli :
Le Conseil général n’a pu avancer aucun avantage à cette annexion
L’Inspection Académique elle-même n’en donne pas davantage.
Nous refusons donc cette annexion, tant que :
Une large concertation n’aura pas été instaurée ;
Les motivations n’auront pas été clairement énoncées ;
Des assurances concrètes sur la construction d’une halle aux sports à Cessenon n’auront pas été données.
Concernant la santé scolaire, en période de risque de pandémie de grippe A/H1N1, le budget fait apparaître une baisse de 15 millions d’euros pour l’action « santé ». Il s’agit là, clairement, d’un renoncement aux principes qui font de l’École un des lieux primordiaux où se fait la prévention, notamment la prévention des risques chez les adolescents. En ce qui concerne la grippe A/H1N1 nous sommes choqués que la totalité de la campagne (information, prévention, organisation, vaccination) soit laissée exclusivement à la charge des établissements du secondaire, sans compter la probable désorganisation que cela va entrainer.
Le gouvernement n’a pas reconduit les contrats d’AVSI dans les établissements, et ce n’est pas l’augmentation de 7 millions pour l’action « accompagnement des élèves handicapés » qui suffira à combler le vide que le gouvernement a laissé en la matière.
Alors que nous avons eu une réforme de l’enseignement primaire, qu’une réforme du lycée est attendue pour 2010, il est anormal que les crédits alloués aux matériels pédagogiques (manuels scolaires) baissent.
Ils sont en chute libre avec 13 % de moins pour les écoles. Au collège, ils passent de 25 € par élève l’an dernier à 21,3 €, au lycée général et technologique de 17 € à 15,7 € et au lycée professionnel de 34 à 28,7 €. Or ce sont ces fonds qui permettent d’acheter des manuels scolaires au collège ou d’alimenter les fonds sociaux au collège et au lycée. De toute évidence, le poids des cartables et l’obsolescence des manuels scolaires de nos enfants n’intéressent pas nos décideurs.
Concernant les conséquences de la réforme de la voie professionnelle pour les élèves de CAP et BEP, la FCPE tient à relayer l’inquiétude légitime des élèves et des familles concernées. Nous exigeons la garantie de leur accueil en première pro dans de bonnes conditions respectant notamment les choix des familles et la proximité géographique.
S’agissant du calendrier scolaire et alors que la FCPE avait l’an dernier interpellé le ministre sur ce point, celui semble s’apercevoir tardivement que, comme chaque année, le jeudi de l’Ascension précède un vendredi, lui-même avant un samedi qui n’est plus travaillé dans les écoles. Le problème du pont se pose à nouveau. Notre département envisagerait de récupérer ce vendredi (et éventuellement le samedi pour les lycées qui ont cours ce jour là) par des mercredis à l’école et au collège et des samedis après-midi pour les lycées. Quel mépris des rythmes scolaires, sans parler des problèmes de transports, demi-pension, contraintes des familles, activités extrascolaires ou personnelles.
Cet amateurisme pourrait être risible, il est en fait consternant. Il traduit dans le meilleur des cas de l’incompétence, s’il ne cache pas des desseins beaucoup plus sombres encore pour l’avenir du service public d’éducation.