Mardi 25 mars 2008
mardi 25 mars 2008, par
La FCPE de l’Hérault déplore l’annulation du CDEN (Conseil Départemental de l’Education Nationale) de décembre et le report fin mars de celui organisé généralement en février. C’est la première fois que le calendrier de l’inspection académique est dicté par le calendrier électoral. Personne n’est dupe.
La FCPE de l’Hérault s’inquiète pour l’avenir des élèves de ce département et elle s’inquiète particulièrement pour les plus fragiles d’entre eux.
Les difficultés socio-économiques de la population régionale sont bien connues. Les niveaux de qualification sont inférieurs à la moyenne nationale, de même que les résultats aux examens. De nombreux jeunes sortent de l’école sans qualification et le taux d’activité des femmes et des jeunes est inférieur à la moyenne nationale.
Par ailleurs, le flux migratoire est toujours positif, la demande de logements sociaux en augmentation et le niveau de richesse bas. Les taux de bénéficiaires de la CMU et du RMI sont supérieurs à la moyenne nationale et l’on constate des situations d’extrême vulnérabilité notamment dans le rural isolé. A cela s’ajoute une sous-médicalisation dans les hauts-cantons et un taux de prévalence du handicap supérieur à la moyenne française.
Dans un tel contexte, la politique menée en matière d’éducation ne peut que nous inquiéter.
Dans le premier degré,
nous dénonçons la perte sèche de 72 heures d’enseignement par an, à compter de la rentrée prochaine ;
nous dénonçons la mise en place d’aides aux élèves en difficulté sur le temps des vacances ou en dehors du temps scolaire par des enseignants non spécialisés, alors même que les dispositifs qui doivent prendre en charge les élèves en difficulté sur le temps scolaire ne peuvent le faire faute de psychologues scolaires et d’enseignants spécialisés en nombre suffisant ;
nous dénonçons la mise en place précipitée de stages pendant les vacances scolaires alors que leur organisation n’est pas définie : dans quelles écoles, avec quel personnel, pour quels enfants ? Comment organise-t-on les transports scolaires ? Comment les enfants dont les parents travaillent vont-ils faire le lien entre l’école du matin et l’accueil de l’après-midi. Une restauration et un accueil périscolaire seront-ils organisés ?
nous déplorons que les absences des enseignants ne soient toujours pas remplacées systématiquement faute de moyens suffisants ;
nous estimons que l’accueil des enfants de deux ans dans les écoles maternelles, pour les familles qui le souhaitent, doit être maintenu, voire renforcé.
Dans le second degré,
nous dénonçons l’assouplissement de la sectorisation qui entraîne la désertion de certains collèges ne laissant à très court terme, dans ces établissements, que des enfants dont les familles n’ont pas les moyens de les inscrire dans un établissement considéré comme plus attractif ;
nous dénonçons pour ces mêmes établissements une perte massive de la dotation d’heures d’enseignement ;
nous dénonçons les dotations d’heures d’enseignement aux établissements qui prévoient des taux d’heures supplémentaires en très nette augmentation ;
nous dénonçons la disparition de personnels de surveillance, administratifs ou venant en soutien dans les CDI, voire assurant la maintenance informatique. Ces personnels étaient embauchés en contrats précaires, ce qui de la part de l’Etat est inadmissible, mais assuraient des missions indispensables.
En ce qui concerne les élèves handicapés, malades ou en grande difficulté,
nous dénonçons le manque de médecins scolaires qui conduit, dans certains endroits du département, à ne rédiger des projets d’accueil individualisés que lorsqu’il y a risque vital ;
nous dénonçons le manque d’informations aux familles en ce qui concerne les enseignants référents, lesquels semblent en nombre très insuffisant si l’on en juge au temps d’attente de certaines familles pour obtenir un rendez-vous ;
nous déplorons que les établissements spécialisés aient leurs propres enseignants référents, lesquels sont à la fois juge et partie ;
nous déplorons que les commissions de circonscription dans lesquelles étaient examinées les situations des élèves en grande difficulté scolaire aient disparu avec la mise en place de la loi du 11 février 2005, la réflexion globale et le travail en réseau s’en ressentent déjà ;
nous dénonçons les difficultés de scolarisation des enfants handicapés, en début d’année scolaire, faute de notification actualisée par la maison départementale des personnes handicapées ou de continuité dans la prise en charge par certains établissements ;
nous déplorons le manque de commissions d’affectation pour les élèves ayant reçu une notification d’orientation en CLIS ou en UPI ;
nous attendons la réactivation du groupe départemental handiscol’, un bilan de la situation et la reprise d’une réflexion pour une amélioration de la prise en charge des enfants concernés ;
nous dénonçons le manque de formation des auxiliaires de vie scolaire, la précarité de leurs contrats et leur turn-over auprès de certains enfants qui ont besoin de stabilité et de repères.
Nous remarquons que la situation semble de plus en plus tendue dans les établissements ces dernières années et nous constatons un accroissement du nombre de conseils de discipline, lesquels pourraient régulièrement faire l’objet de contestations des familles tant ils regorgent d’irrégularités. Ces conseils de discipline montrent à l’évidence les difficultés des équipes pédagogiques, mais devraient nous alerter tous sur les difficultés et les souffrances des élèves et sur leur nécessaire prise en charge.
Le nombre d’élèves par classe va, en moyenne, à compter de la rentrée prochaine, augmenter, ce qui risque de ne pas favoriser les apprentissages. Et dans ces conditions, il va être de plus en plus compliqué de scolariser des enfants en situation de handicap de façon satisfaisante, alors que nombre d’entre eux requièrent une attention toute particulière.
Les parents d’élèves, à la FCPE, veulent que l’école publique, gratuite et laïque, apporte à chaque élève l’enseignement dont il a besoin pour réaliser son projet scolaire, puis professionnel, et, enfin, pour accéder au statut de citoyen libre et éclairé ; cela implique une autre politique scolaire, ambitieuse pour tous, avec des personnels formés et en nombre suffisant.