Billet d’humeur

FCPE et gr ?ve dans les transports scolaires

jeudi 9 décembre 2004, par Michel Demellier


Depuis trois ans, plusieurs sociétés de transport ayant contracté des marchés avec la Sodethre puis Hérault Transport, pour le compte du Conseil Général de l’Hérault puis, depuis cette année, du Syndicat mixte des transports de l’Hérault qui regroupe désormais quatre agglomérations et le Conseil Général, sont sujettes à des mouvements de grève plus ou moins longs.
Tour à tour, les cars de sociétés privées, Les Courriers du Midi, Progésud, la Sadap, ont été concernés. Un nombre important de quelque 50000 élèves transportés journellement dans l’Hérault, donc les établissements scolaires, des enseignants, des parents en subissent les conséquences. D’où énervement des uns et des autres, incompréhension, colère parfois.

Qui incriminer ? Vers qui se retourner ? Quelles responsabilités sont engagées en cas d’accident ? Quels dédommagements à espérer ? ... Et que fait la FCPE ?

A ces questions multiples on ne peut hélas que constater, assez impuissants, que l’obligation scolaire des moins de seize ans existe, et devrait contraindre les responsables des pouvoirs publics à faire respecter l’obligation de transport des élèves résidants à plus de trois kilomètres, à être pris en charge, au moins à la première et à la dernière heure de cours de leurs établissements respectifs.
L’énorme machine qui, gérée en gros par la collectivité territoriale, ne fonctionnant contractuellement qu’avec des sociétés privées, n’a que peu de regard sur leur mode propre de gestion des personnels... si ce n’est en bout de compte qu’à dénoncer leur contrat pour faute avérée... et commissionner avec une autre entreprise !

Alors qu’elle lutte pour dénoncer les insuffisances du budget de l’Education Nationale, le manque de personnel, la disparition des postes CEC et CES, la FCPE ne peut que comprendre des revendications des personnels (les chauffeurs) contraints à des horaires ou des conditions de travail imposées par des directions de sociétés privées défaillantes. Certes, elle se retourne à chaque fois par contacts divers vers le Conseil Général ou Hérault Transport pour exiger de tout faire pour que cesse de telles situations et procéder à des dédommagements financiers (pompeusement appelés "gestes commerciaux" ! ).
Là s’arrête hélas ses possibilités d’action ... et d’impuissance qui sont celles de tout parent donc de tout citoyen vivant en 2004 dans une société d’économie libérale qui montre très vite ses propres impuissances à servir correctement l’intérêt général.

Mais aussi que les adhérents FCPE balaient devant leur porte : sept conseils locaux seulement étaient présents le 12 novembre 2004 à la commission départementale qui accueillaient les représentants d’Hérault Transport !
853 adhérents seulement signaient en 2003 la pétition demandant la gratuité des transports scolaires sur plus de 7500 adhérents.

Pour qu’une grande fédération de parents d’élèves soit effectivement représentative et puissante, il convient que ses adhérents y soient vigilants et actifs, ... y compris en dehors des moments où les dysfonctionnements du système scolaire les atteignent personnellement.

Michel Demellier

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