Entretien avec Alex Türk, président de la CNIL - Télérama
dimanche 5 octobre 2008
Pour le président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, les fichiers type Edvige existent depuis longtemps et sont relativement contrôlés. D’autres fichiers, tel Stic, sont bien plus dangereux. Mais l’émergence de la civilisation numérique pourrait révéler pire encore. Ainsi la biométrie ou la géolocalisation des personnes... Avez-vous pensé à renouveler votre carte Pass ?
Le mouvement de protestation contre le fichier de police Edvige qui entend recenser tout individu « susceptible de porter atteinte à l’ordre public » est un cas d’école. Exemplaire, à bien des égards. Voilà une protestation née sur Internet, en dehors des grands médias et des grandes formations politiques. Loïc Daguzan, syndicaliste CGT de la Banque de France, n’imaginait pas une seconde soulever une telle tempête quand il a rédigé, seul ou presque, la pétition qui allait recueillir plus de 150 000 signatures en trois mois (voir telerama.fr). Le « net-activisme » non seulement a de beaux jours devant lui, mais il réinvente une forme de référendum d’initiative populaire que la classe politique et, contraint et forcé, le gouvernement ont bien été obligés de prendre en compte. Edvige a servi de catalyseur. Mais le débat est beaucoup plus large, et peut-être plus inquiétant encore, comme en témoigne Alex Türk, président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Un sénateur divers droite qui n’a la langue ni de bois ni dans la poche...
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