Un passeport pour l’éducation permanente
lundi 7 janvier 2002, par
Le Jeune doit progressivement avancer dans ses apprentissages dans le respect de son développement personnel.
Les étapes de la formation initiale doivent être conçues comme une succession de cycles sans rupture entre eux.
Le système éducatif public a le devoir de réussir à amener un niveau certifié par un "passeport pour l’éducation permanente".
Il devra être acquis par la grande majorité des jeunes ayant suivi un cursus normal, entre 12 et 16 ans.
Le service public devra offrir les occasions ou les dispositifs de remédiation à ceux qui n’auront pu l’obtenir. Après sa scolarité obligatoire, tout jeune gardera le droit de retourner à l’école pour obtenir son passeport.
Pour une véritable socialisation, il est indispensable que l’enfant, très tôt, côtoie d’autres enfants de son âge, d’autres adultes, découvre d’autres lieux de sa seule cellule familiale.
Ce besoin est couvert par les crèches collectives, les haltes-garderies, "les maisons vertes", et autres structures d’accueil où les intervenants sont sensibilisés à la pédagogie et à la psychologie de la petite enfance.
C’est en ayant des relations avec l’école maternelle que toutes ces structures préscolaires prépareront l’enfant à la scolarisation.
En raison de l’accroissement des difficultés des familles, et face à la rupture du lien social, le service public d’accueil de la petite enfance doit se renforcer.
La FCPE ne peut faire abstraction des premières années de l’enfance. Elle entend s’exprimer sur la définition des politiques de la petite enfance, sur les objectifs à atteindre, leur évaluation au quotidien.
Elle demande aux collectivités locales et aux organismes institutionnels de s’engager dans une politique audacieuse de la petite enfance, en complémentarité et en cohérence.
La loi d’orientation de 1989 institue, par la mise en place de trois cycles, une continuité pédagogique entre l’école maternelle et l’école élémentaire.
Le projet éducatif de la FCPE s’inscrit dans cette logique. Tremplin de la réussite scolaire, l’école maternelle assure un rôle d’éducation et de socialisation irremplaçables, et constitue le premier maillon dans la résorption des inégalités culturelles.
La scolarisation des jeunes enfants constitue une nécessité sociale irréversible. Elle est un droit, dès l’âge de 2 ans. Elle devrait être obligatoire dès l’âge de 3 ans.
Par son caractère original et sa capacité à prévenir l’échec scolaire, l’école maternelle sera un lieu d’épanouissement, à condition qu’existe une volonté politique de l’adapter aux plus jeunes.
L’accueil des enfants de 2 ans exige un effort de création d’unités éducatives à effectif réduit, permettant une approche personnalisée, des locaux et des horaires adaptés à l’âge, une formation hautement qualifiée, pour les enseignants, et spécifique pour les personnels communaux territoriaux.
Les parents d’élèves, coéducateurs responsables, se sentent impliqués dans la réflexion et la mise en oeuvre des processus d’apprentissage.
Il faut que l’école de la République évolue pour offrir les conditions de la réussite de tous avec notamment des activités pédagogiques diversifiées avec une synergie entre les disciplines ; des rythmes adaptés à l’âge des enfants, des locaux équipés, confortables et accueillants ; des évaluations formatives et constructives ; des équipes pédagogiques travaillant pour la réussite de tous...
Les enfants sont différents, l’école ne saurait en faire abstraction. Centrée sur l’enfant et non sur les disciplines enseignées, c’est à elle de s’adapter aux élèves et non l’inverse.
La prise en compte de ces différences constitue la problématique de toute pédagogie de la réussite.
Pour intégrer la spécificité de chaque élève, un contrat pédagogique est conclu avec lui.
Ce contrat, finalisé dans le cadre du projet d’établissement lui fixe, pour une période déterminée, les objectifs précis à atteindre.
Les enseignants impliquent personnellement chaque élève, en spécifiant clairement avec lui les objectifs à atteindre, les modalités de contrôle et d’évaluation.
Ainsi celui-ci devient acteur de sa propre formation. Ils ont le souci du respect de l’élève, s’interdisent tout comportement d’indifférence ou de mépris. Ils acceptent d’entendre sa critique et de se remettre en question.
Ils travaillent en équipe et s’interrogent constamment sur les résultats de leur démarche pédagogique.
L’école publique laïque et ouverte à tous intègre les enfants les jeunes handicapés en leur offrant des aménagements adéquats et une pédagogie adaptée.
Ainsi, chacun d’eux accédera à une qualification dans le secteur de son choix, compatible avec son handicap.
Cela répond à la demande d’une intégration scolaire la plus précoce possible par les parents concernés.
L’organisation actuelle en cycles est à renforcer afin de considérer l’enfant dans sa globalité et de respectif son rythme d’évolution physique, psychologique et intellectuelle.
Une collaboration étroite avec les parents est indispensable dès l’école maternelle : ils doivent être dans les structures éducatives et être associés à l’élaboration du projet d’école de façon systématique.
Les deux cycles suivants de l’école primaire les enfants à maîtriser les savoirs fondamentaux, passeport pour les cycles du second degré.
Le projet d’école, véritable outil pédagogique inscrit dans la durée, élaboré avec tous les partenaires de la communauté éducative, donne du sens, une finalité à la démarche éducative dans le respect des objectifs nationaux. Il place les élèves au cœur même du processus d’apprentissage favorisant le développement des potentialités de chacun.
Il définit une démarche de contrat éducative permettant une adaptation aux rythmes d’acquisition et aux compétences des élèves, les rendant acteurs de leur propre construction des savoirs.
Dans cette perspective, le travail en équipe des enseignants est primordial, et la notion de structure "classe" ne peut rester figée.
Si elle veut être un véritable outil de formation, l’évaluation est repenser. Grâce à un livret de suivi adapté, la communication avec les familles se trouve améliorée et gagne en efficacité.
Des rencontres régulières pour une bonne information des parents sont nécessaires. Pour éviter les ruptures entre le dernier cycle du primaire et le premier cycle du collège, les objectifs de chacun sont définis en cohérence et continuité.
Une concertation étroite entre les enseignants de chaque structure s’avère indispensable. Le lien entre l’école primaire et le collège est assuré par les équipes éducatives.
Le collège de la réussite de tous nécessite des moyens appropriés et une formation des personnels pour une nouvelle approche pédagogique et une adaptation à la diversité des publics.
Le collège accueille tous les jeunes d’une classe d’âge dès 11 ou 12 ans. Ils disposent de quatre années ou un peu plus pour acquérir une formation et une culture nécessaires pour s’orienter volontairement vers les divers cycles de formation.
Il prévoit une organisation pédagogique par cycles, permettant de prendre en compte les rythmes d’acquisition de chaque jeune et de suivre un parcours individualisé jusqu’à la fin de la troisième.
Il offre aux jeunes la possibilité de préparer leurs choix d’orientation par une information sur les métiers, les branches professionnelles et les voies de formation, et par les séquences en entreprise, par exemple.
La maîtrise de la langue écrite, base indispensable à la communication, à l’élaboration des savoirs, est le vecteur incontournable de l’insertion sociale des jeunes en difficulté.
C’est pourquoi l’ensemble les disciplines doit y concourir ; cela implique une nouvelle démarche pédagogique, le décloisonnement de l’enseignement de la langue française, la prise en compte des résultats de l’évaluation à l’entrée au collège pour l’adapter aux besoins des adolescents.
L’apprentissage et la pratique des langues vivantes étrangères donne une ouverture sur les cultures européennes, sur le monde, l’esprit de tolérance et du respect de l’autre.
Tout jeune doit dans sa scolarité au collège, séjourner au moins plusieurs semaines dans un pays européen ou autre selon les modalités qui permettent à tous d’en bénéficier.
Favoriser la réussite de tous, c’est aussi considérer le collégien dans cette phase particulière de son développement qu’est l’adolescence, mettre en valeur ses efforts et ses progrès pour développer sa motivation, le reconnaître responsable de sa propre formation.
Pour cela, il faut mettre en place le suivi individualisé des élèves, en particulier de ceux qui rencontrent des difficultés. L’évolution de l’organisation pédagogique implique notamment : une approche transversale associant plusieurs disciplines, l’apport des compétences extérieures nécessaires au projet, le dédoublement partiel des classes, la construction de groupes en fonction des besoins spécifiques de chaque élève, le repérage des difficultés et la prise en charge des situations d’échec, le travail en équipe des professeurs d’une même discipline et de différentes disciplines....
L’enseignement supérieur doit s’engager dans la voie de la démocratisation par une nouvelle définition des cursus, une prise en charge plus individualisée des étudiants une meilleure information sur les choix d’orientation, la possibilité de remédiation dès le début du premier cycle et la diversification des formations supérieures professionnalisantes.
Cela nécessite un effort budgétaire conséquent. L’enseignement supérieur, la définition du contenu des formations, comme un financement et sa gestion, demeurent de la responsabilité de I’État.
La FCPE doit savoir répondre aux attentes et sollicitations des étudiants dans le respect de leur autonomie et en collaboration avec leurs organisations représentatives.
Dans les instances de concertation, ses représentants veillent au caractère national des diplômes, à la création d’équivalences européennes, au libre accès des bacheliers à l’université, sans aucune sélection, mais dans le cadre d’une information et d’une orientation librement choisie.
La FCPE se prononce pour l’accès des non-bacheliers aux études supérieures par le biais de passerelles (examen, positionnement, équivalence validation des acquis).
Cela implique que les étudiants voient leurs droits pris en compte, notamment dans l’aménagement des examens (deux sessions par an). Pour permettre à tous les étudiants de poursuivre leurs études aussi loin qu’ils le souhaitent, quelles que soient leurs conditions sociales vues les relations qu’ils entretiennent avec leur famille, un statut économique et social s’impose.
Ce statut consacre la reconnaissance de leurs droits économiques et sociaux et leur confère une autonomie pleine et entière.
La réussite de tous les jeunes passe par un accès au lycée qui tienne aptitudes et du projet personnel des élèves dans le cadre d’une orientation volontairement choisie.
Les filières technologiques et professionnelles doivent conduire de façon normale, et non marginale, chaque jeune au plus haut niveau de qualification. Chacun doit pouvoir poursuivre sa formation dans des filières qui reconnaissent les acquis ou lui permettent de les valider dans sa spécialité professionnelle. Le jeune doit pouvoir identifier chaque parcours de formation affiner et modifier ses choix.
L’ensemble des formations, qu’elles soient générales, technologiques ou professionnelles, est regroupé dans un même lycée. Un cycle d’orientation pourrait de, 14 à 16 ans regrouper la dernière année du collège et la première année du lycée. Il comprendrait, pour chacun des périodes de découvertes de plusieurs formations techniques et professionnelles dans les différents établissements du bassin de formation.
Il permettrait à chaque jeune de mieux apprécier ses désirs, ses aptitudes, ses compétences, pour choisir sa voie de formation avec l’aide de l’équipe éducative.
Après ce premier choix, le lycéen doit pouvoir rectifier ses options d’orientation et rejoindre une autre voie grâce à l’existence de passerelles qui prennent en compte ses acquis.
La notion de positionnement est importante : il s’agit de permettre à un élève d’accéder à une formation en étant dispensé de certains enseignements dès lors que les savoirs sont acquis et de suivre, si nécessaire, des modules complémentaires pour l’obtention du diplôme préparé.
La formation initiale comprend la formation générale et la formation professionnelle.
L’une ne pouvant se concevoir sans l’autre, ni être en opposition entre les deux, La formation professionnelle vient en complément de la formation générale au moment choisi par le jeune.
La FCPE rejette toute orientation systématique vers des formations manuelles des élèves rencontrant des difficultés dans les pratiques pédagogiques actuelles.
Elle rejette également tout système qui placerait l’entreprise en position de décider seule des contenus d’enseignement professionnel.
L’État doit être garant sur le long terme de la prise en compte des besoins réels de formation professionnelle et éviter que se créent des disparités régionales.
La FCPE se prononce pour l’intégration des processus de formation professionnelle initiale dans les cursus généraux et technologiques. Une nouvelle définition du statut du jeune en formation profession initiale l’impose. La FCPE se prononce pour la complémentarité, entre le monde économique et les structures de formation initiale.
Des périodes de formation en entreprise font partie intégrante de la formation professionnelle sous la responsabilité de l’Education nationale.
Elles supposent un partenariat entre le lycée et l’entreprise. Les tuteurs chargés de la formation du jeune lors de son stage dans l’entreprise bénéficieront d’une formation adaptée pour travailler en coordination avec l’équipe enseignante et participer à l’évaluation de l’élève et de la séquence de formation.
Dés la maternelle, l’initiation aux arts doit être développée. Le système éducatif doit s’appliquer à développer, tout au long de la scolarité la créativité qui existe chez le tout petit entant et qui a tendance à s’émousser quand elle n’est pas cultivée.
À tous les niveaux de La scolarité Les enfants et les jeunes bénéficient obligatoirement d’une éducation artistique ce qui implique un accroissement du nombre des enseignants formés à ces disciplines.
La pratique des arts est encouragée et favorisée grâce à un partenariat multiple avec des professionnels inter-venant dans les classes, dans les ateliers de pratique artistique dans les clubs, les foyers socio-éducatifs et les maisons des lycéens.
L’éducation physique et sportive qui contribue au développement des potentialités physiques intellectuelles et affectives n’est pas aujourd’hui une préoccupation essentielle de l’Education nationale, ni en terme d’équipement, ni en terme de considération.
Elle est pourtant une discipline à part entière. Elle ne peut être réduite à une pratique ludique ou à un enseignement de second ordre ou encore à un empilement de compétences spécifiques.
Par ailleurs, si la FCPE approuve l’introduction d’outils nouveaux comme l’informatique, elle affirme que cela ne peut se faire sans définition des objectifs et formation des personnels tant au plan technique que pédagogique.
Un outil n’est jamais neutre dans son utilisation et, particulièrement, dans le cadre de la création d’un grand réseau de la connaissance qui, au-delà de la confusion souvent mise en avant entre le virtuel et le réel, ne doit pas occulter le fait qu’il est le produit de créateurs porteurs d’idéologie.
C’est pourquoi, la FCPE revendique que tout jeune sortant du système éducatif maîtrise l’utilisation des nouvelles technologies indispensables à son insertion sociale et professionnelle, mais rappelle que la formation à l’esprit critique est encore une fois essentielle si l’on veut que demain les jeunes soient des citoyens conscients et libres.