La ?cité, citoyenneté, service public et gratuité
mardi 8 janvier 2002, par
Ecole, laïcité, République : dans ces trois mots, la FCPE puise son origine, son histoire et son identité.
Pour les parents de la FCPE, la laïcité, principe fondamental inscrit dans la Constitution de notre République, se définit comme un humanisme généreux d’égalité, de liberté, de fraternité, de tolérance et de respect, visant à l’universalité. Elle s’applique à toute forme de pensée, qu’elle soit religieuse, politique ou philosophique et non simplement aux Églises.
L’intérêt général, sa traduction concrète, le service public sont le support de cette laïcité. L’école publique en est, elle, le creuset et le pivot en donnant à chacun le moyen d’acquérir et de partager liberté de conscience et valeurs démocratiques sur l’ensemble du territoire. Elle se fonde sur le respect de l’individu, porteur de la liberté et de ses droits propres.
C’est par le développement de l’esprit critique, de l’écoute et du sens du respect de l’autre, de l’autonomie, de la solidarité, de la responsabilité que l’école éduque à la citoyenneté.
Celle-ci n’est pas enseignée sous la forme d’un cours, ne se rattache à aucune discipline particulière, mais elle imprègne tout le dispositif éducatif. En considérant l’enfant et le jeune comme des acteurs à part entière, l’école, au-delà des concepts enseignés, remplira sa mission d’éducation à la citoyenneté. La famille a, elle aussi, un rôle important à jouer. Elle est le premier lieu de la transmission des valeurs, de l’apprentissage du respect d’autrui et de la socialisation de l’enfant.
La FCPE réaffirme le rôle essentiel du service public dans un monde régi par les lois du marché, dans une Europe où la France fait figure d’exception. L’État a l’obligation de permettre l’accès de tous à l’école publique par l’ouverture et le maintien d’écoles et d’établissements partout sur le territoire, le développement du service public d’éducation dans les zones défavorisées et la modernisation de l’école en milieu rural.
La FCPE condamne les financements publics détournés vers les établissements privés et s’oppose aux statuts particuliers.
En ce qui concerne le choix de l’établissement, la FCPE se prononce en faveur de la sectorisation utilisée comme outil du service public et garante du respect du principe d’égalité de droit et d’accès à tous, sans discrimination.
"L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’Etat" (Préambule de la Constitution).
Dans une période marquée par des difficultés sociales grandissantes, bon nombre de familles doivent faire face aux dépenses qui leur sont imposées pour l’éducation de leurs enfants. La gratuité est plus que jamais une des conditions de l’égalité et donc de la réussite de tous. La FCPE constate un recul significatif de la gratuité et une dérive insidieuse vers une école inégalitaire par l’argent, dus en particulier à l’insuffisance des financements publics pour prendre en compte les évolutions du système éducatif et de la société.
La FCPE demande l’extension de la gratuité et les moyens budgétaires nécessaires aux nouvelles obligations du système éducatif en tout point du territoire.
La FCPE préconise que l’apprentissage et l’exercice de la citoyenneté soient réellement appliqués dés l’école primaire, notamment par l’implication des enfants dans la gestion de coopératives scolaires, par la présence au conseil d’école de délégués élèves du cycle III ; l’apprentissage précoce de la vie démocratique constituant une excellente préparation à la participation au collège, puis au lycée.
Elle souhaite l’élargissement des droits des collégiens, à l’instar de ceux des lycéens. L’implication des enfants et des jeunes dans la définition des règles de vie commune est une nécessité. Il est important que les droits des jeunes, tels qu’ils ont été reconnus par la Convention internationale des Droits de l’enfant, soient pris en compte dans l’élaboration des règlements intérieurs des établissements.
L’éducation à la citoyenneté, l’apprentissage du "vivre ensemble" nécessitent l’implication de tous les adultes, dont le comportement doit avoir valeur d’exemple. Par ailleurs, la FCPE se prononce pour la création d’un statut économique et social pour les jeunes, garantissant, dés leur majorité, le droit à l’autonomie durant leur parcours de formation ou la période de recherche d’un premier emploi.