lundi 26 juillet 2010
Voilà un siècle et demi qu’on évalue les élèves de façon inefficace et arbitraire. Mais il ne faut surtout pas le dire.
Les notes sont injustes. Flanquées à la tête du client, selon l’humeur du capitaine ou la vitesse du vent. Mauvaise excuse de potache ? Pas du tout. Conclusion de nombreux chercheurs. Et cela ne date pas d’aujourd’hui : « Dès les années 1920, les docimologues ont mis en évidence le manque de fiabilité des notes, leur caractère souvent arbitraire », dit Sylvène Kitabgi, qui vient de réaliser une étude sur cette question pour la chambre de commerce de Paris [1]. Même s’ils ont à cœur d’être impartiaux, les enseignants sont, à leur insu, influencés par toutes sortes de choses. Le niveau de la classe, le sexe de l’élève, son origine sociale ou encore... l’ordre de correction des copies [2]. Sans parler de l’effet bien connu du niveau de l’établissement. Les plus élitistes mettant un point d’honneur à être particulièrement secs. C’est si vrai qu’à Paris le rectorat « pondère » selon les collèges les notes prises en compte pour affecter les élèves dans tel ou tel lycée... (...)
[3]
Voir en ligne : NouvelObs jeudi 25 mars 2010
[1] « L’évaluation scolaire est-elle au service de l’orientation ? » http://www.biop.ccip.fr/upload/pdf/...
[2] - La « cloche de Gauss », dite « effet Posthumus » : un enseignant tend toujours, de façon mécanique, à ajuster la répartition des notes au sein de chaque classe, quel que soit le niveau des élèves, pour les répartir en forme de « cloche » : très peu de notes extrêmes, beaucoup de notes moyennes ;
L’ordre des copies corrigées : le biais est double, la note varie à la fois selon la qualité des copies précédentes mais aussi, mécaniquement, selon qu’elle est corrigée parmi les premières ou les dernières ;
L’effet Pygmalion : la perception globale que les enseignants ont d’un élève, favorable ou défavorable, joue sur le score de chacune de ses évaluations, quelles que soient ses réponses ;
L’effet source : les notes sont souvent influencées par les résultats déjà obtenus par l’élève, en particulier la toute première copie de l’année.
[3] Voir également :
“La loterie des notes au bac : un réexamen de l’arbitraire de la notation des élèves - Bruno Suchaut - Institut de Recherche sur l’Education (Irédu)-CNRS et Université de Bourgogne - Mars 2008”
N°438 - Dossier "L’évaluation des élèves" - Cahiers pédagogiques - Décembre 2005 -
Pour en finir (ou presque) avec les notes - Évaluer par les compétences par Isabel Pannier
"Devant les inconvénients maintes fois montrés des évaluations par la note, certains pays comme la Belgique tentent de passer à l’évaluation par les compétences. En France, à côté des livrets de maternelle et des évaluations nationales en CE2, 6e, 5e et seconde, des professeurs tentent de sortir un peu de notre système traditionnel dans une perspective d’évaluation formative. Un témoignage concret au collège en français, en sixième et cinquième. « - M’dame, c’est noté ? - Non, ce n’est pas noté, c’est évalué ! »" (...)
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