dimanche 19 février 2012
Lors du seul mois de janvier, quatre enfants de 8 à 12 ans ont mis fin à leurs jours. Une trentaine de cas semblables seraient recensés chaque année. « Mais ce chiffre est sous-estimé », estime Boris Cyrulnik dans un rapport remis en septembre dernier à la secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de la Vie associative, Jeannette Bougrab. A cette occasion, il confiait au Parisien :
« Officiellement, il y en a une quarantaine par an. Mais si l’on ajoute les accidents non accidentels, qui sont en fait des suicides, on arrive à une centaine chaque année, ce qui est énorme. C’est par exemple l’enfant qui se jette subitement sous les roues d’une voiture. L’entourage attribue ce geste à un moment d’inattention ou à une mauvaise évaluation du danger alors que l’enfant savait très bien ce qu’il faisait. »
Du jeu dangereux au geste suicidaire
Une vision que ne partage pas Christian Flavigny, directeur du département de psychanalyse de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris. Son enquête sur une quinzaine de cas en 1982 l’amène à dire que ces passages à l’acte ne peuvent pas être considérés comme des suicides :
« Les enfants de moins de 12 ans n’ont pas la même vision de la mort que les adultes. Ils la conçoivent comme une absence qui dure. Un petit garçon que je suivais m’a dit un jour : “Il est mort, il vit au cimetière.”
La limite est ténue entre le jeu dangereux et le geste suicidaire. Pour eux, il n’y a pas d’irréversibilité. C’est une solution pour se soustraire à une situation qui les dépasse. Ces manifestations sont très impressionnantes mais restent rares. Elles touchent surtout les garçons. »
« Le risque, c’est de provoquer une épidémie » (...)
Voir en ligne : Rue 89 dimanche 19 février 2012
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